5 mai 2020
La tête dans le sable
Par: Jean-Philippe Morin

Jean-Philippe Morin est le directeur de l'information du journal Les 2 Rives. Photo NathB

La décision de placer une nouvelle plutôt qu’une autre en « front page » ne se prend jamais à la légère.

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Comme vous avez pu le constater dans notre édition du 28 avril, nous avons décidé de placer une nouvelle qui, nous le savions, susciterait des réactions.

En le publiant et en le plaçant en page frontispice, nous savions que les gens seraient indignés ou dégoûtés. Au risque d’essuyer des critiques, à nos yeux, il était important de le faire.

Pourquoi ne pas parler de ce qui se passe de positif? J’ai lu plusieurs commentaires en ce sens. En ces temps difficiles, il y a certes de bonnes nouvelles qui rejaillissent sur notre communauté. Nous choisissons d’en traiter le plus possible dans le journal, comme nous l’avons fait au fil des sept dernières semaines. Par exemple, CNC Tracy qui fournit des masques au personnel hospitalier. Des artistes qui offrent des prestations gratuites sur les réseaux sociaux. Des enseignants qui ont gardé contact avec leurs élèves par la technologie. Toutes ces bonnes nouvelles ont été rapportées au cours des dernières semaines.

Pourquoi donc choisir une telle page couverture? L’histoire sort de l’ordinaire, oui, mais c’est surtout pour sensibiliser la population. Alors que la pandémie affecte tout un chacun différemment avec le confinement, les épisodes de violence conjugale se multiplient. Les organismes communautaires remarquent une hausse des interventions. Nous avons d’ailleurs consacré 12 pages à ces organismes dans l’édition du 7 avril dernier.

Bref, il ne faut pas se mettre la tête dans le sable : de tels événements surviennent malheureusement. Ils peuvent être évités et doivent être dénoncés. Ne pas en parler serait pire et irait à l’encontre de notre mission. Je vous le mentionnais : le choix d’apposer cette nouvelle en Une n’a pas été facile. Mais si cette couverture médiatique peut avoir incité ne serait-ce qu’une personne à dénoncer son agresseur, ce sera déjà ça de gagné. Si vous êtes témoin ou victime de violence conjugale, nous vous invitons à contacter le 911 ou la Maison La Source.

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