20 avril 2016
La Soreloise Emmanuelle Caplette, batteuse professionnelle
Par: Louise Grégoire-Racicot
Emmanuelle Caplette et sa batterie, son instrument de prédilection | Photo TC Média - gracieuseté/ Sylvain Perreault

Emmanuelle Caplette et sa batterie, son instrument de prédilection | Photo TC Média - gracieuseté/ Sylvain Perreault

Il y a loin du corps de tambour et clairon « Les Majestics » de Sorel dans lequel, dès l’âge de 9 ans, Emmanuelle Caplette a évolué, jusqu’à cette Une que le plus grand magazine de batterie du Royaume-Uni, « Drummer Magazine », lui a consacrée dans son édition de mai 2016.

Quelle joie ressentie, il y a quelques jours, en découvrant cette Une, dit-elle. « Quel honneur! Je fus la première surprise de me retrouver là. J’avais accordé une entrevue en janvier dernier et n’avais entendu parler de rien par la suite. »

Quant au journal Web Camuz, il dit d’elle « qu’elle dirige sa carrière comme elle tient ses baguettes: d’une main de fer! »

Et pour cause. En plus de jouer de la batterie comme interprète, elle enseigne, donne des conférences, se retrouve sur les grandes scènes du monde puis rentre à la maison à Bromont, le temps de respirer un peu avant de repartir!

C’est en jouant de la caisse claire, toute jeune, à l’école qu’elle a su que la batterie serait son instrument, même s’il ne s’apprivoise que lentement. C’est, dit-elle, avec le groupe qu’elle a appris à bien se tenir, dans tous les sens du terme. « Il fallait marcher le dos bien droit. Ce qui m’évite aujourd’hui de jouer comme tous les batteurs, le dos courbé, avec les maux et tendinites que cela cause », dit-elle.

Sa vie mouvementée, souvent entre deux avions, lui laisse peu de temps pour revenir à Sorel où sa famille habite. « J’y viens trois ou quatre fois par année seulement. »

Notoriété

Depuis plus de dix ans, elle a parcouru la planète, mue par cette passion de la musique qui la dévore, l’inspire, l’énergise. Elle y a jouxté une profonde connaissance technique du jeu et l’usage fort intelligent d’Internet pour élargir les opportunités de travail qui se présentent nombreuses à elle et auxquelles elle succombe sans remord, enthousiaste.

Cette omniprésence sur les scènes, mais aussi dans les festivals de batterie et dans les cliniques qu’elle y donne, partageant sans crainte toutes ses connaissances, lui valent une renommée outre frontière.

Un atout? Avoir su utiliser Internet de la bonne façon, y diffusant des vidéos de haute qualité qui dévoilent ses qualités de batteuse, son jeu qui l’a fait connaitre à travers le monde.

« Mon nom circule beaucoup maintenant et je participe à plusieurs festivals de batterie. »

Elle donne aussi des cliniques de batteries, n’hésitant pas à partager ses techniques et même ses trucs de mise en marché.

« Depuis 2007, je travaille non-stop. J’ai fait des tournées aux États-Unis, en France, en Belgique et en Suisse. J’ai travaillé avec Ima et Marilou, participé à des émissions de télé (avec Annie Brocoli et Sur invitation seulement avec Stéphane Rousseau). » Elle a d’ailleurs fait une tournée européenne de deux ans avec ce dernier.

Elle a travaillé aussi avec le groupe Circa Zero et Andy Summers, le guitariste de The Police. « On se rencontrait à Los Angeles pour le travail », dit-elle. Il l’avait repérée sur YouTube et a communiqué avec elle via Facebook. Ce projet l’a amenée à jouer en Chine avec le groupe, après le lancement de leur album à L.A.

Internet, un outil essentiel

Dès 2007-2008, alors que peu de gens le faisaient, elle a commencé à diffuser sur le Web. « Plus de 10 millions de personnes ont fréquenté mon chanel », souligne-t-elle.

Depuis, elle a mis en ligne des leçons de batterie. Elle en donne aussi par Skype, surprise de découvrir qu’elle a cette capacité de transmettre ses connaissances, son enthousiasme. « Je ne savais pas que j’aurais l’audace de transmettre ma passion! »

Mais sa carrière se vit comme elle l’avait voulue et imaginée: occupée, stimulante, inventive, sans routine. « Vivre de sa passion, c’est sans prix », dit-elle.

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