15 juin 2016
La sentence du pédophile André Pépin portée en appel
Par: Sarah-Eve Charland
Le procès d’André Pépin se poursuit. | TC Média - Jean-Philippe Morin

Le procès d’André Pépin se poursuit. | TC Média - Jean-Philippe Morin

Le dossier du pédophile André Pépin est loin d’être terminé. Son avocat Luc Forcier a porté en appel la sentence de 13 ans et demi de prison imposée en mai 2016 par le juge Denys Noël.

La Cour d’appel lui a accordé une audience devant trois juges qui devrait se dérouler cet automne, soit au même moment que les plaidoiries des avocats concernant son verdict de culpabilité, aussi porté en appel par l’avocat de la défense.

Rappelons que Pépin a été reconnu coupable, en mai 2015, pour des agressions sexuelles sur neuf victimes. La majorité des victimes était des garçons mineurs. Ces agressions se sont déroulées entre 1993 et 2013.

L’accusé a drogué certaines des victimes à leur insu afin d’obtenir des faveurs sexuelles. Dans d’autres cas, il proposait du cannabis en échange de relations sexuelles. L’homme de 59 ans a déjà purgé 23 mois de prison pour des crimes semblables survenus au début des années 90.

Le quinquagénaire a reçu une peine de 13 ans et 6 mois. Il était incarcéré depuis 38 mois. Il lui reste donc un peu plus de 10 ans de prison à purger.

Une sentence contestée

La sentence se retrouve à la mi-chemin entre les suggestions des deux avocats. Malgré tout, Me Forcier maintient son point : son client aurait dû bénéficier d’une détention préventive majorée comptant pour deux jours pour un. Or, le juge Noël lui a plutôt imposé une détention régulière (un jour pour chaque journée de prison avant qu’il soit déclaré coupable).

« Les crimes ont été commis il y a une vingtaine d’années. La Couronne avait pourtant toutes les preuves à l’époque pour déposer des accusations. Elle ne l’a pas faite. Mon client n’a pas à payer pour ça. À l’époque, la détention préventive était de deux pour un », argumente Me Forcier.

L’avocat croit également que son client ne devrait pas pâtir de la longueur des procédures judiciaires. André Pépin a été arrêté en avril 2013 et est demeuré détenu depuis ce temps.

« Il a agi de bonne foi. Il a dû changer d’avocat à trois reprises. Les délais ne sont pas de sa faute. Lorsque j’ai pris en main le dossier, je n’ai pas demandé de reprise », assure-t-il.

L’accusé a eu quatre avocats durant les procédures judiciaires.

La date d’audience à la Cour d’appel à Montréal est fixée au 21 septembre, mais pourrait être sujette à changement en raison des disponibilités de l’avocate de la Couronne, Geneviève Beaudin.

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