27 mai 2020
La saison des asperges débute en force
Par: Katy Desrosiers

Nicole St-Jean, propriétaire de la Sublime Asperge, offre des asperges au public depuis une vingtaine d’années. Photothèque | Les 2 Rives ©

La saison 2020 des asperges est lancée et les clients sont particulièrement nombreux à visiter les producteurs locaux. Malgré le froid des dernières semaines, la saison ne devrait pas être trop affectée.

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« Ç’a commencé sur les chapeaux de roue, une semaine en retard. C’est la folie furieuse, autant dans les champs que du côté des clients. Les gens attendaient beaucoup les asperges », lance Julien Pagé, propriétaire de la Ferme Besner-Pagé à Yamaska.

« Ça part en lion. Il faisait froid, alors tout ce qui attendait dans le sol sort en même temps. La première journée (le mercredi 20 mai), c’était une journée record. On ouvrait à midi et il y avait déjà du monde qui attendait à 9 h. Ça n’a pas arrêté », ajoute Nicole St-Jean, propriétaire de La Sublime Asperge à Saint-Aimé, qui souligne que trois tonnes d’asperges ont été récoltées cette première journée.

Malgré tout, il est difficile d’affirmer si ce sera une saison exemplaire.

« Avec des pommiers, on peut voir l’arbre. S’il a des milliers de pommes, je peux dire que la saison sera bonne, mais moi, tout ce qui passe avec l’asperge est sous le sol. Je n’ai aucune idée ce que le champ va produire la semaine prochaine », précise M. Pagé.

Avec les années, il a développé des astuces. Si la tige de l’asperge est grosse, c’est que le plant a de l’énergie. Cette année, elle semble d’une bonne taille, ce qui est encourageant selon lui. Si les températures se maintiennent dans les moyennes et qu’il n’y a pas de canicule ou de période de sécheresse, la saison devrait s’étirer jusqu’à la fin juin ou au début juillet.

Bien que cette dernière soit relativement courte, les producteurs mettent beaucoup d’efforts dans la culture de ce légume.

« Ce n’est pas juste la récolte, c’est une pression quotidienne avec la vitesse à laquelle ça pousse. Notre réputation, c’est toujours la fraîcheur à son maximum. Ça met la pression d’écouler tous les jours ce que tu sors. Puis faut les préparer, les livrer. Une journée, ça tourne rarement en bas de 14 ou 15 heures et c’est sept jours par semaine. Donc 55 jours avec la pédale au fond », explique Julien Pagé.

De plus, en raison de la pandémie, les producteurs ont adopté les mesures de distanciation physique et sanitaires recommandées. Julien Pagé fait même du service à l’auto.

L’enjeu de la main-d’œuvre

À la Ferme Besner-Pagé, on compte sur des étudiants pour la récolte. Cette année, davantage sont disponibles puisqu’ils ne sont pas à l’école. À la Sublime Asperge, la situation est différente. Normalement, une équipe de 12 travailleurs guatémaltèques récolte les asperges. Pour l’instant, seulement quatre sont arrivés et deux sont encore en quarantaine. Nicole St-Jean a donc dû faire appel à des agences qui embauchent aussi des travailleurs étrangers, pour remplacer ceux qui n’ont pas pu venir.

« C’est très onéreux, mais on n’a pas le choix », souligne la propriétaire. Même si le premier ministre a demandé aux Québécois sans emploi de prêter main-forte, Mme St-Jean constate que peu sont prêts à travailler de longues heures dans les champs.

Engouement pour l’achat local

Julien Pagé constate jusqu’à maintenant une hausse des clients à la ferme. Le propriétaire, qui est aussi éleveur de lapins, a souvent des demandes pour produire d’autres fruits et légumes. Nicole St-Jean, elle, croise plusieurs clients réguliers des 20 dernières années. Avec la publicité que le gouvernement a faite pour stimuler l’achat local, elle s’attend à en recevoir aussi de nouveaux.

« Les gens ont le goût de sortir, de bien manger puisqu’ils ne peuvent pas aller au restaurant. Ils vont chercher des bons légumes et il y a juste ça des légumes frais à ce temps-ci », constate-t-elle.

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