11 février 2019
Importance de miser sur de nouveaux modèles d'affaires
La relève en agriculture mise de l’avant lors d’une soirée avec des membres du milieu
Par: Katy Desrosiers
Alain Beaudin (au lutrin) et René Pedneault croient que les nouveaux modèles en agriculture ont fait leurs preuves et qu'il faut les appuyer.
Photo Katy Desrosiers | Les 2 Rives ©

Alain Beaudin (au lutrin) et René Pedneault croient que les nouveaux modèles en agriculture ont fait leurs preuves et qu'il faut les appuyer. Photo Katy Desrosiers | Les 2 Rives ©

Jean-Bernard Émond a adressé quelques mots aux producteurs agricoles présents lors de la soirée du 7 février, au Complexe 180.
Photo Katy Desrosiers | Les 2 Rives ©

Jean-Bernard Émond a adressé quelques mots aux producteurs agricoles présents lors de la soirée du 7 février, au Complexe 180. Photo Katy Desrosiers | Les 2 Rives ©

Alain Beaudin, commissaire agricole pour la Société d’agriculture de Richelieu, et René Pedneault, directeur du développement et conseiller économique et stratégique pour la MRC d’Acton, croient qu’il est nécessaire de se réinventer et d’innover afin de faire évoluer l’agriculture. Ce renouveau passe entre autres par la relève, prête à s’investir dans le milieu, ont notamment souligné les deux hommes lors de la soirée de remise de bourses agricoles, le 7 février au Complexe 180 de Sorel-Tracy. Le député de Richelieu Jean-Bernard Émond, aussi présent à la soirée, affirme que l’agriculture est indispensable à la prospérité du Québec et est un moteur économique d’importance dans la MRC de Pierre-De Saurel.

M. Beaudin affirme que le Québec perd environ 1500 fermes par an depuis les 15 dernières années. Selon lui, il est temps de se réinventer. Il croit que le vrai défi se situe au niveau des développeurs, des acteurs de changement et des agents de développement qui sont dans le même modèle depuis une quarantaine d’années. « On veut que les jeunes innovent, mais quand ils sortent du cadre, on les bloque. Les outils qu’on avait étaient pour arriver aux objectifs qu’on avait dans les années 80 et 90 et ils ne sont plus assez puissants pour correspondre à ce qu’on fait dans le domaine aujourd’hui », affirme le commissaire agricole.

M. Pedneault ajoute que les innovateurs en agriculture dérangent les traditionnels. Il explique que dans la MRC d’Acton, le tissu agricole est en grande partie composé de petits lopins de terre et qu’il s’agit souvent de jeunes familles ou de gens en 2e ou 3e carrière qui achètent les terres. Selon lui, ceux-ci veulent se diriger vers la culture émergente et novatrice. « Ils portent l’innovation en agriculture et on veut qu’ils puissent changer les choses. Les agriculteurs œuvrant en grande culture sont déjà bien encadrés, ce sont les petits qui décident d’y aller quitte ou double qu’il faut soutenir », affirme-t-il.

Les deux hommes prônent la nouvelle agriculture à dimension humaine avec de nouveaux modèles qui ne requièrent pas de terres d’une aussi grande superficie qu’en culture traditionnelle. Avec un produit de créneau sur un lopin de petite superficie, M. Beaudin croit qu’il est maintenant possible d’avoir trois, quatre et même cinq fois le chiffre d’affaires de mille acres.

Selon Jean-Bernard Émond, député, la Bourse agricole pour l’innovation est une façon concrète de stimuler la relève dans ses ambitions.

Lors de sa présence à l’assemblée générale annuelle de la relève agricole Richelieu-Yamaska il y a quelques semaines, M. Émond avoue avoir été surpris par la qualité des échanges qu’il a eus avec les jeunes. Il ajoute que pour aider ces jeunes allumés et pleins de beaux projets, le gouvernement a créé deux mesures, soit la la garantie de prêt levier offerte par la financière agricole et le renouvellement du fonds d’investissement pour la relève agricole.

« Les agriculteurs sont de véritables entrepreneurs qui sont nécessaires au développement économique et il faut les appuyer puisqu’ils génèrent des retombées économiques importantes au Québec et dans la région », a-t-il dit, le 7 février, lors de la soirée de la Bourse agricole pour l’innovation.

Augmentation de la valeur des terres agricoles

Alain Beaudin croit que la valeur foncière des terres agricoles, qui est plus élevée en Montérégie que dans d’autres régions, est entre autres le résultat de l’industrialisation de l’agriculture. « Ces gars-là ont acheté des terres en grande quantité et il faudrait qu’ils ne paient pas? Les terres n’ont pas monté parce que des Chinois ou des Autochtones les ont achetées, c’est les agriculteurs qui les ont fait monter. J’en ai des terres et je vais faire un saut quand je vais recevoir le compte, mais je sais que je le vaux », s’exclame le commissaire agricole. Il affirme qu’il faut tout de même innover dans les méthodes de taxation, mais aussi dans la façon de financer les terres.

Selon le député, le dossier est complexe et dure depuis trop d’années. Il affirme que le ministre de l’Agriculture, André Lamontagne, se penche sur la question et propose de rassembler l’UPA et l’UMQ autour de la même table afin d’arriver à une solution qui va satisfaire la majorité.

Plusieurs modèles seront sur la table, comme celui de l’Ontario, où les terres agricoles sont plutôt évaluées par leur potentiel agricole. La proposition de retirer les retours de taxes aux agriculteurs et d’injecter les sommes dans des programmes pour la ruralité dans les municipalités pourrait être abordée, conclut-il.

 

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