18 octobre 2018
MRC de Pierre-De Saurel
La relève à la rescousse des entreprises de la région
Par: Julie Lambert

Le Centre visuel Bardier-Godin Opto-Réseau a gagné le prix Relève et transfert entrepreneurial lors du dernier Gala du mérite économique. (Photo : Pascal Cournoyer)

Les organismes soutenant l’entrepreneuriat régional constatent depuis les 10 dernières années une augmentation de reprises d’entreprises dans la région. La survie de plusieurs commerces dépendra de la relève au cours des prochaines années, selon eux, et de nombreux efforts sont déjà déployés pour éviter des fermetures.

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Le Centre local de développement (CLD) Pierre-De Saurel a soutenu environ cinq relèves d’entreprise en 2017, souligne sa directrice générale Josée Plamondon. À son arrivée en 2001, l’organisme aidait surtout des nouvelles entreprises pour des consolidations et des extensions.

« Nous avons maintenant autant sinon plus de repreneuriat. En raison de la situation de la relève, on a développé et changé nos outils pour les adapter à nos entrepreneurs, mais aussi au monde agricole et aux secteurs plus saisonniers comme les érablières qui vivent également cette réalité. On l’encourage parce qu’on ne veut pas que nos entreprises ferment par manque d’entrepreneurs », souligne Josée Plamondon

La Société d’aide au développement de la collectivité (SADC) Pierre-De Saurel a aussi aidé financièrement cinq entreprises en relève depuis les deux dernières années. Sa conseillère Stratégie Jeunesse, Lise Gauthier, croit que cette tendance va s’accroître en raison du vieillissement de la population.

« On en voit de plus en plus dans nos statistiques du réseau des SADC. La relève est bien importante, cela permet qu’une entreprise ne ferme pas parce qu’elle n’a pas de repreneurs, ce qui affecte l’économie régionale. Parfois, il est difficile de trouver une personne pour reprendre notre entreprise autant à l’intérieur qu’à l’extérieur. C’est un enjeu de plus en plus présent puisque nous avons beaucoup de baby-boomers qui vont s’en aller à la retraite », explique Lise Gauthier.

Les deux côtés de la médaille

Les deux femmes ajoutent que plusieurs défis attendent les entrepreneurs lors du processus de transfert d’entreprise. La négociation entre le cédant et le repreneur n’est pas toujours aisée en raison de l’aspect financier. Il y a également un risque de changements de valeurs ou de façons de faire dans l’entreprise.

« C’est un processus qui renferme beaucoup d’émotions. La communication est importante. Parfois, ça se fait très rapidement. C’est pourquoi quand on parle d’un plan de relève, il est primordial que cela se fasse graduellement et de façon accompagnée », pense Josée Plamondon.

On estime qu’un transfert se complète entre deux ans et 10 ans, mais la moyenne tourne autour de cinq ans, affirme Lise Gauthier. « Il y a plusieurs aspects à ne pas négliger pour réussir, comme accorder la vision des deux entrepreneurs, trouver un juste équilibre et prendre en compte différents enjeux autant ceux financiers, juridiques et comptables que l’aspect humain. Il faut faire un pas par jour et bien s’entourer. Il faut une bonne planification stratégique afin de réussir », assure-t-elle.

La directrice générale du CLD conseille aussi de réaliser des tests avant de faire le grand saut et de ne pas tester son projet en comptant seulement sur le soutien de sa famille.

Josée Plamondon croit que malgré les défis, la relève d’entreprise présente de nombreux avantages. « Les entrepreneurs ne partent pas de zéro. Tu as une base, c’est donc plus facile puisque des choses sont déjà en place, tu n’as qu’à développer et améliorer. Il y a un risque amoindri, mais cela prend quand même des qualités d’entrepreneur ou de gestionnaire », conclut-elle.

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