8 mai 2018
La région échappe à la pénurie de pompiers à temps partiel
Par: Julie Lambert

Le recrutement de pompiers n'est pas un problème dans la région qui ne manque pas de volontaire. (Photo : Archives)

Si certaines régions du Québec, surtout éloignées comme le Saguenay-Lac-Saint-Jean, arrivent de peine et de misère à trouver des pompiers à temps partiel, ces postes partent comme de petits pains chauds dans la région.

Le directeur de l’Association des chefs en sécurité incendie du Québec (ACSIQ), Luc de la Durantaye, souligne que le problème est surtout vécu dans les municipalités à l’extérieur des grands et moyens centres urbains.

« Cela s’explique par plein de facteurs, dont la dévitalisation des communautés et le vieillissement de la population. Les jeunes vont dans les grands centres pour étudier ou travailler, ce qui diminue le nombre de personnes aptes à occuper ce genre de poste. Le métier de pompier a aussi beaucoup changé depuis les 30 dernières années. Ce ne sont plus seulement des citoyens qui se proposent, mais des personnes qui suivent des formations pour en faire un emploi professionnel », mentionne Luc de la Durantaye.

Le directeur du Service de protection et d’intervention d’urgence de Sorel-Tracy, Carl Woods, affirme que les candidats se bousculent aux portes. « Nos pompiers répondent à plus d’appels que dans d’autres municipalités. On a aussi une garde en caserne. Ce sont des points attrayants tout comme notre salaire mensuel. On a plusieurs pompiers qui arrivent très bien à faire assez d’heures pour ne pas faire autre chose. Plusieurs propositions sont sur la table pour aider les régions éloignées comme de régionaliser le service », affirme-t-il.

Le problème n’est pas vécu non plus dans les Services de sécurité incendie de Saint-David et de Saint-Roch-de-Richelieu, assurent leur directeur Stéphane Descheneaux et Michel Clément. « On n’a pas de problème de prospects pour l’embauche. On est au top de ce qu’on peut avoir. C’est surtout cyclique. Nos candidats ne font pas ça pour l’argent, mais par passion », confirme M. Descheneaux.

« On ne manque pas de personnel au feu. On a eu un roulement il y a deux ou trois ans. On a fait le ménage pour enlever ceux qui étaient moins présents », explique Michel Clément.

Une vocation plutôt qu’un métier

Le directeur du Service de sécurité incendie de Saint-Ours, Serge Avoine, est au courant que plusieurs municipalités dans le réseau connaissent des difficultés au niveau du recrutement. Il n’a pas eu de problème de son côté à combler les 21 postes de pompiers à temps partiel.

« On a un peu plus de difficulté à avoir des pompiers dans la journée, mais c’est normal puisque les gens travaillent, parfois même à l’extérieur. On a des solutions pour ça, dont les ententes d’entraide avec les municipalités voisines », explique Serge Avoine.

Le directeur de la Régie Intermunicipale de Protection Incendie Louis-Aimé-Massue, Christian Desrosiers, a aussi une équipe complète, mais il avoue qu’il est de moins en moins facile de recruter de nouveaux pompiers.

« On rencontre des gens et on fait des annonces. On voit la situation au jour le jour. On doit penser à la relève et la préparer, mais pour le moment, tout fonctionne. Certains donnent leur nom, mais quand on parle de la formation, de disponibilités, cela peut parfois être compliqué. Cela demeure quand même un métier volontaire », croit-il.

Du côté de la Régie d’incendie Pierreville-Saint-François-du-Lac, le directeur Richard Desmarais réalise du recrutement aux deux ou trois ans. Son équipe de 28 pompiers à temps partiel compte des employés ayant plus de 30 ans de service. Son travailleur le plus jeune a six ans d’expérience.

« Nos pompiers sont fidèles au poste. Étant donné la grosseur du territoire, nous faisons beaucoup plus de sorties par année. C’est davantage motivant pour les pompiers que dans les petites municipalités où il y en a peu. C’est donc plus facile de garder notre monde et ils se battent presque pour être présents », rigole-t-il.

Pompier à temps partiel depuis 10 ans dans ce service de sécurité incendie, Alain Trial s’est enrôlé pour suivre un de ses oncles. Même s’il n’est pas facile de concilier son travail et sa vie de famille avec deux enfants, le pompier ne pouvait pas faire autrement que répondre oui à cet appel.

« J’en mange assez que je pourrais être ici à temps plein!, s’exclame-t-il. Mon métier de soudeur et ma compagnie me permettent de répondre positivement souvent. J’aime le métier, c’est tout un défi d’être présent pour les gens. On le fait surtout pour eux. On assiste à toutes sortes de choses, dont des accidents ou des incendies. Heureusement, cela a toujours bien été. »

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