15 août 2016
La popularité des drones atteint Sorel-Tracy
Par: Sarah-Eve Charland
Le photographe Philippe Manning a acquis un drone à des fins commerciales. | TC Média - Pascal Cournoyer

Le photographe Philippe Manning a acquis un drone à des fins commerciales. | TC Média - Pascal Cournoyer

L’utilisation des drones est de plus en plus accessible. Prisés par les entreprises et les particuliers, ils peuvent s’avérer dangereux s’ils ne sont pas utilisés adéquatement, dénoncent Transports Canada et certains utilisateurs.

Le photographe Philippe Manning est l’un des premiers utilisateurs de ces appareils dans la région. Certains contrats lui demandaient de prendre des clichés en hauteur. Toutefois, il aurait dû louer un hélicoptère à un tarif horaire de 750$. De plus, avec un hélicoptère, il ne peut pas descendre à moins de 500 pieds du sol.

« C’est une méthode dispendieuse et peu flexible. C’est ce qui m’a amené à acheter un drone. Il m’a coûté près de 1000 dollars. C’est une corde de plus à mon arc. […] Je n’ai pas acheté un drone pour le goût du risque, mais pour des raisons professionnelles. Je veux qu’il me génère des revenus », affirme-t-il.

Alors qu’il a acheté son appareil il y a près de trois semaines, il a reçu déjà plusieurs demandes pour des petits contrats. Lorsque notre journaliste a testé l’appareil dans un endroit sécurisé avec le photographe, des passants, curieux, sont venus poser des questions quelques minutes après l’envol du drone.

« Il y a une panoplie de possibilités. Je vais pouvoir offrir plus d’options à mes clients. Par exemple, au Tour cycliste de la Yamaska, je vais pouvoir prendre des photos avec mon drone, ma GoPro et mon appareil dans mes mains. C’est génial pour développer la créativité », explique M. Manning.

Des risques

Le 11 juin dernier, une dame a subi une entorse cervicale lorsqu’un drone d’environ 10 livres s’est écrasé sur sa tête lors de l’événement Défi 5 km en couleurs de l’Arc-en-Ciel à Beloeil.

En novembre 2014, deux hommes ont été arrêtés pour avoir tenté d’introduire de la drogue à l’intérieur de la prison de Sorel-Tracy à l’aide d’un drone. Jonathan Payeur, l’instigateur du crime, a écopé de 18 mois de prison et son complice, Charles Poliquin, a reçu une peine de 9 mois de prison.

« C’est inquiétant. Les drones sont très accessibles. La réglementation de Transports Canada est aussi nébuleuse […] Les gens ont quelque chose de dangereux entre les mains. J’ai décidé de garder une attitude rigoureuse. La loi du gros bon sens doit priser », croit M. Manning.

Le gouvernement du Canada a mis en place des règlements en 1996 pour régir l’utilisation de drones. Constatant l’abondance de ces appareils un peu partout au Canada, Transports Canada élabore une nouvelle réglementation qui sera adaptée à la réalité d’aujourd’hui. La nouvelle politique comprendra, entre autres, de nouvelles règles de vol, des exigences relatives au marquage et à l’immatriculation des aéronefs, des tests de connaissances, des permis et un âge minimum pour les pilotes.

Selon les statistiques de Transports Canada, le nombre de permis livrés pour l’utilisation de drone à des fins commerciales a explosé depuis 2015 au Canada. Toute personne qui utilise un drone pour le commerce ou la recherche doit obtenir un Certificat d’opérations aériennes spécialisées (COAS) de Transports Canada. Les personnes qui utilisent un drone pour le plaisir n’ont pas besoin d’un certificat, à moins que leur appareil pèse 35 kg ou plus.

Transports Canada peut imposer des amendes allant jusqu’à 5 000$ pour une personne et jusqu’à 25 000$ pour une entreprise si un utilisateur se sert d’un drone sans avoir la certification nécessaire.

« Le fait d’utiliser un drone de façon négligente ou imprudente pouvant causer des dommages à une propriété ou des blessures corporelles peut mener à des poursuites, des amendes ou des peines d’emprisonnement », tient à préciser la porte-parole de Transports Canada, Natasha Gauthier.

Recommandations de Transports Canada

– Utiliser le drone seulement le jour et lorsqu’il fait beau.

– Ne pas dépasser 90 mètres d’altitude (ce qui représente un immeuble d’environ 30 étages).

– Se tenir loin des zones peuplées et des foules (par ex : spectacles, festivals).

– Se tenir à au moins 9 kilomètres des aéroports.

– Rester à au moins 150 mètres des personnes, des animaux, des bâtiments, et des véhicules.

Région 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 (jusqu’au 1er mai)
Pacifique 4 18 88 178 296 410 203
Prairies-Nord 30 58 143 247 354 276 243
Ontario 20 39 91 309 734 864 229
Québec 3 10 11 120 127 772 413
Atlantique 9 34 20 95 161 158 82
Total 66 159 353 949 1672 2480 1170
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