23 octobre 2020
La PCU est encore un casse-tête pour les employeurs
Par: Sébastien Lacroix
La Prestation canadienne d’urgence pour les étudiants a encore des impacts chez les commerçants, notamment chez Subway à Sorel-Tracy. 
Photo depositphotos.com

La Prestation canadienne d’urgence pour les étudiants a encore des impacts chez les commerçants, notamment chez Subway à Sorel-Tracy. Photo depositphotos.com

La fin de la Prestation canadienne d’urgence (PCU) au début du mois d’octobre devrait faciliter le travail de recrutement des employeurs, mais la partie n’est toujours pas gagnée.

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« C’est la même chose pour l’instant. Ça rentre au compte-gouttes, nous a fait savoir le propriétaire des restaurants Tim Hortons de la région, Dany Grenier, il y a quelques jours, lui qui a été durement touché par la situation.

« Je roule à 175 employés pour cinq restaurants, alors que normalement, j’en ai 220 à 225. On en embauche chaque semaine. J’ai la chance d’avoir de la demande, mais c’est très difficile surtout pour le temps plein », fait-il valoir.

La mise sur pied de la Prestation canadienne d’urgence pour les étudiants (PCUE) durant l’été l’a également désavantagé. Plusieurs d’entre eux n’ont plus besoin de travailler durant leur session qu’ils font désormais à distance en raison des mesures sanitaires.

« J’ai plusieurs étudiants du Cégep et de l’Université qui m’ont remis leur démission pour se consacrer à leurs études. Ils avaient fait suffisamment d’argent durant l’été en travaillant deux jours par semaine et en recevant de la PCU, souligne Dany Grenier. Ça fait en sorte que ce sont maintenant des jeunes de 15 ou 16 ans qu’on engage comme temps partiel. Parce que des étudiants du Cégep et de l’Université, je n’en ai plus. »

Le propriétaire des Tim Hortons admet que le problème a été criant au cours des derniers mois avec tous les employés qui cherchaient à contourner les règles pour ne pas dépasser le cap des 1000 $ autorisé par le gouvernement Trudeau.

« Nous avions beaucoup de temps partiel et ils ne voulaient pas rentrer sous toutes sortes de prétextes. En même temps, je les comprends. C’était plus payant de ne pas travailler et de recevoir la PCU, raconte-t-il. C’est un programme qui a été mal pensé. Ç’a été fait en urgence. »

De l’argent pour rester à flot

De son côté, le propriétaire des restaurants Subway de la région, Jean-François Dumas, raconte avoir dû s’adapter à la situation. « Il fallait que les employés travaillent autant qu’avant. Sinon, ils ne rentraient pas, note-t-il. J’ai fonctionné à personnel réduit, mais également à revenu réduit, alors ça s’équivaut. J’ai quand même été capable de passer au travers. »

Avec la fin de la PCU, il note tout de même une plus grande disponibilité des employés qui sont rappelés au travail. « La PCU, ç’a été bon, oui et non, analyse le propriétaire des Subway de la région. On a eu plus de misère à recruter, mais ça nous a aussi permis de rester à flot. Parce que la population avait de l’argent et a pu continuer à aller manger au restaurant. »

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