9 mai 2018
La passion de l’entrepreneuriat dès les bancs d’école
Par: Julie Lambert

Sylvain Joyal, Jean-Philippe Hébert, Jean-Félix Perreault et Nicolas Dallaire ont vanté les mérites du HUB du Cégep de Sorel-Tracy afin de former de futurs entrepreneurs. (Photo : Julie Lambert)

Le travail des étudiantes Angélica Maltais, Blanche Rousseau-Drapeau et Emma Bourque a été félicité lors du dernier Gala du mérite économique de Sorel-Tracy le 28 avril dernier. (Photo : Julie Lambert)

Le Cégep de Sorel-Tracy multiplie les initiatives pour allumer l’étincelle entrepreneuriale auprès de ses étudiants. Plusieurs d’entre eux ont la chance d’être outillés grâce à leur programme qui leur permet de travailler avec des entreprises de la communauté.

Le Cégep de Sorel-Tracy a inauguré en 2016 les locaux du HUB qui sont destinés à des projets co-innovants entre le département d’informatique et la communauté. Le professeur au département de Techniques de l’informatique, Jean-Philippe Hébert, souligne qu’il travaille de concert avec la Société d’aide au développement de la collectivité (SADC) Pierre-De Saurel pour favoriser l’entrepreneuriat auprès des étudiants.

« La technique dure trois ans. Sur les trois ans, on essaie d’y aller progressivement. Dès la première année, on leur présente comment faire un modèle d’affaires. Ils le montrent à un jury à la première session. En deuxième année, on les fait participer avec un vrai client à créer un modèle d’affaires, à l’évaluer et aussi à le développer. En troisième année, ils développent le modèle d’affaires, une application et le teste avec un client réel. On espère à la fin de la technique qu’ils puissent lancer leur entreprise ou qu’ils développent leur côté intrapreneur en étant capable de mener un projet de A à Z », souligne-t-il.

De futurs entrepreneurs

En deuxième année du programme, Jocelyn Allard et Jean-Félix Perreault ont eu la chance de participer à plusieurs projets. Le programme les aide à développer les compétences idéales pour de futurs projets entrepreneuriaux.

« On touche à l’entrepreneuriat et à plusieurs formes de technologies, explique Jean-Félix Perreault. Je voulais me lancer là-dedans. J’hésite encore entre le domaine des jeux vidéo et le domaine des Iot, de l’Internet des objets. Je lance une entreprise de serres aquaponiques avec mon père, c’est quand même très technologique. Ici, on nous donne tous les outils utiles », souligne-t-il.

Après 12 ans à travailler dans une usine, Jocelyn Allard a de son côté décidé de suivre un nouveau cours en lien avec sa passion de la programmation et de l’informatique. « Il y a beaucoup de pratique et bien des projets. On touche à tout. Tu peux voir ce que tu aimes ou ce que tu n’aimes pas. Si tu te démarques un peu, les professeurs te poussent pour que tu ne stagnes pas. On sait nos forces et nos faiblesses. En troisième année, nos notions de base sont acquises et après, c’est de les mettre en pratique. On a l’impression que nos travaux sont plus concrets et ils servent à de vraies entreprises », pense-t-il.

Les étudiants ont la chance de travailler avec des entreprises de la région et même de l’extérieur au cours de leurs programmes d’études, dont Statera. Selon son chargé de projet, Nicolas Dallaire, autant l’entreprise que les étudiants en retirent un bénéfice.

« Cela place les étudiants vraiment dans une situation réelle contrairement à l’école ou un stage. Ils sont rarement dans une phase d’implantation où c’est là que tous les problèmes sortent et où il faut trouver des solutions rapidement. Les élèves qui travaillent sur notre projet s’en rendent compte. Il y a des contraintes financières, de ressources humaines et de temps. Même si une idée est bonne, il faut s’adapter en cours de route et un projet comme ça permet de leur montrer  », mentionne-t-il.

Un cours de sensibilisation à l’entrepreneuriat mène au lancement d’une entreprise

Les étudiantes Angélica Maltais, Blanche Rousseau-Drapeau et Emma Bourque ne savaient pas en étant sélectionnées pour le cours de sensibilisation à l’entrepreneuriat, à l’école secondaire Fernand-Lefebvre, que cela deviendrait une véritable passion et qu’une entreprise viable en naitrait.

« Il y en a certains qui choisissent cette option en deuxième ou troisième choix, mais pour qui cela devient une véritable passion. Ils se dévoilent un peu à travers ça », pense l’agente de sensibilisation du Carrefour jeunesse-emploi Pierre-De Saurel, Cindy Tellier, qui aide les professeurs du cours.

Cela a été le cas des trois étudiantes en secondaire 5, Angélica Maltais, Blanche Rousseau-Drapeau et Emma Bourque. « Ce n’était pas par choix, mais en rencontrant les filles, c’est devenu un véritable coup de cœur. J’aurais dû le prendre en premier choix. C’est mon cours préféré de tout mon secondaire », avoue Angélica Maltais.

Les jeunes femmes ont lancé leur entreprise Création BEA qui confectionne des chandails à poche plus abordables que les marques populaires et des panneaux afin de rejoindre sa clientèle cible, soit les étudiants.

« On voit souvent ce type de chandail à 30$ alors que les nôtres sont à 13$. On ne propose pas juste un éventail de modèles qui représentent notre génération, mais on en fait aussi des personnalisés. Ils peuvent nous donner leurs idées et c’est là que cela devient vraiment original », assure Emma Bourque.

« Le but de notre compagnie était d’aider les gens de l’école à se présenter au public avec des vêtements qui représentent leurs couleurs. Au secondaire, c’est un peu difficile. On est en pleine recherche, avoir un chandail t’aide à socialiser. Je crois que nous avons réussi à rallier les gens. De te promener dans ton école et de voir des gens porter ton chandail, c’est vraiment une fierté », conclut Blanche Rousseau-Drapeau.

Malgré quelques difficultés surtout au niveau des fournisseurs avec un budget restreint, les jeunes femmes se réjouissent de l’appui qu’elles ont reçu de compagnies locales et envisagent de poursuivre l’aventure de leur compagnie au cours des prochains mois.

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