30 janvier 2018
Commission scolaire de Sorel-Tracy
La lettre d’un enfant de 9 ans fait renaître de ses cendres le projet d’école alternative
Par: Julie Lambert

Un élève de 9 ans, Isaac Dandonneault, souhaite avoir accès à une école alternative dans la région. Il est en compagnie de membres du comité. (Photo : Julie Lambert)

Isaac est entouré des membres du comité. (Photo: Julie Lambert)

Un jeune de 9 ans de Sorel-Tracy, Isaac Dandonneault, aimerait pouvoir bouger, apprendre à son rythme et de façon plus amusante qu’à l’école traditionnelle. Il a envoyé une lettre à plusieurs élus afin qu’une école alternative voie le jour dans la région.

L’élève de 3e année à l’école Saint-Jean-Bosco avoue ne pas aimer devoir rester assis sans bouger et sans parler pendant de nombreuses heures. Il aimerait accéder à une classe dans une école alternative qui privilégie une approche centrée sur le rythme d’apprentissage de l’élève et sur la réalisation de projets.

« L’école alternative, c’est pour moi un endroit où on peut bouger plus. Tu choisis plus ce que tu veux faire, tes devoirs et tes leçons. C’est un endroit où je peux parler et où les parents peuvent plus nous aider », explique Isaac Dandonneault.

Sa mère, Chantale Bouchard, fait partie du comité créé pour le projet d’école alternative de la région de Sorel-Tracy. Selon elle, même si son fils est bon à l’école, il a de la difficulté à rester motivé dans le modèle actuel.

« Il ressemble plus techniquement à un robot programmé. Les jeunes devraient apprendre par le jeu. Ce type d’enseignement peut vraiment leur redonner de la motivation. Avant l’année dernière, c’était la crise tous les matins et tous les soirs. Son enseignante actuelle a trouvé des façons de l’aider, mais c’est à recommencer chaque année », affirme-t-elle.

Des démarches à suivre

Ce projet sur la glace depuis quelques années a repris du poil de la bête et des démarches seront entreprises pour qu’il se réalise d’ici la rentrée 2019. Deux membres du comité, Mélissa Corriveau et Eve Gaudreault, sont certaines que le projet pourra prendre son envol cette fois-ci.

« Avec le nombre de personnes que nous avons derrière nous, nous sommes assez confiantes. Au début, nous étions juste quatre; maintenant, le comité compte 10 personnes et il y en a une vingtaine d’autres qui veulent s’impliquer. La première fois, cela n’avait pas fonctionné parce que le gouvernement était fermé, mais maintenant, ce n’est plus le cas », croit Mme Gaudreault.

Le comité travaille actuellement sur un plan qu’il présentera au conseil des commissaires dans les prochains mois pour ainsi offrir une autre alternative d’enseignement aux parents de la région.

« Tous les enfants sont uniques. Tous ont des faiblesses et des forces. Cela ne prend donc pas la même méthode pour tout le monde afin d’apprendre. Notre but est de donner le choix aux parents qui aimeraient essayer. On veut saisir notre chance puisque le climat est propice à ce genre d’initiative au Québec présentement », assure Mme Corriveau.

La directrice des communications de la Commission scolaire de Sorel-Tracy, Geneviève Handfield, souligne que le conseil attendra le dépôt d’une demande officielle avant de se prononcer sur la faisabilité du projet.

« On n’a rien reçu de la part de la maman ou du comité. Pour le moment, on est en manque cruellement d’espace dans nos écoles. C’est certain que ce sera un critère à considérer. Mais tant qu’on n’a pas de demande, on ne peut pas en parler. »

Appui politique

Le jeune garçon est vraiment décidé à obtenir ce qu’il désire puisqu’il a envoyé une lettre demandant une école alternative aux élus de la région, dont au maire de Sorel-Tracy, Serge Péloquin. Il l’a d’ailleurs remise en mains propres à celui-ci lors d’une rencontre le 19 janvier.

« Il m’a dit qu’il allait essayer de nous aider le plus possible pour que ça se réalise. Il m’a dit qu’il allait en parler au conseil », se réjouit le garçon.Le maire Péloquin a félicité l’élève et sa mère via sa page Facebook pour ses efforts et son leadership afin que son projet se réalise.

« À seulement 9 ans, il a entrepris des démarches concrètes pour réaliser un projet qui lui tient à cœur. Je souhaite qu’il conserve cette belle attitude dans la vie. J’informerai les membres de mon conseil de la visite d’Isaac et nous allons suivre de près l’évolution de ce dossier », a-t-il écrit.

Qu’est-ce qu’une école alternative?

L’école alternative, c’est une école publique, intégrée aux commissions scolaires du Québec qui relève du choix des parents à offrir à leur enfant une éducation dont la pédagogie est centrée, particulièrement, sur le développement et l’épanouissement global de l’élève.

L’école alternative guide chaque enfant vers l’atteinte des objectifs du programme du ministère, mais en les abordant différemment. On en compte une quarantaine de niveaux primaire et secondaire au Québec.

Source : Le Réseau des Écoles Publiques Alternatives du Québec

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