26 mai 2015
La grève étudiante à l’UQÀM retarde la création d’épouvantails géants
Par: Louise Grégoire-Racicot
Un des épouvantails installés à l’été 2007. | TC Média - Archives

Un des épouvantails installés à l’été 2007. | TC Média - Archives

La grève des étudiants de la faculté de design de l’UQÀM a affecté la région sur le plan touristique. Car on a dû reporter le projet de la « route des épouvantails géants », regrette Caroline Cloutier, agente de développement culturel à la MRC de Pierre-De Saurel.

Ces étudiants devaient, accompagnés de leur professeur Philippe Lupien (animateur à la télé de «Visite libre»), soumettre des croquis d’épouvantails à la structure d’acier permanente d’une dizaine de pieds de haut. Épouvantails qui devaient traduire une ou plusieurs caractéristiques culturelles et identitaires des municipalités où ils seraient implantés – Saint-Aimé, Massueville, Sainte-Victoire, Yamaska, Saint-Robert, Saint-Gérard et Saint-David.

Mais la grève étudiante a écourté la session et le projet n’a pas pu être déployé, déplore Mme Cloutier, actuelle maitresse d’œuvre du projet avec Diane Bélanger, agente de développement de la ruralité.

De fait, ces grandes sculptures devaient être installées dans la trajectoire du géorallye, « la Virée champêtre », histoire de développer une signature de marque pour la région.

Du financement déjà trouvé

Dommage qu’il en soit ainsi, car le financement du projet était déjà attaché, déplore Mme Cloutier.

Le ministère de la Culture avait accepté d’y contribuer par une subvention versée, si le projet était complété avant septembre 2015. Les municipalités concernées également. Même des entrepreneurs s’étaient engagés à construire les structures d’acier au prix coûtant.

Elle devra donc frapper de nouveau à la porte de chacun pour que tous renouvellent leur engagement.

À moins qu’elle ne trouve d’autres avenues quant à l’organisation à court terme d’un concours de design en collaboration avec d’autres partenaires. Ce dont elle ne désespère pas.

« Nous sommes à la recherche d’une solution qui permettra de réaliser le projet le plus tôt possible. Mais rien n’est encore concret. »

La petite route maintenue

Entretemps, le Comité de développement touristique et culturel de Saint-Aimé et Massueville, initiateur de la petite route des épouvantails, garde le cap et la maintient dans ses deux municipalités de juin à octobre, explique un de ses membres, Louis Fillion.

Elle sera certes plus modeste que les premières années (2005) où elle a retenu l’attention de la presse nationale.

« Son maintien n’a pas toujours été facile », reconnait-il. Après des années de démarrage excitant où quelque 25% des résidences affichaient un épouvantail de son cru, les gens se sont essoufflés, raconte-t-il. « Les citoyens remettaient les mêmes épouvantails année après année, certains n’en faisaient plus et la qualité diminuait. On a dû la repartir modestement en 2009. »

Mais en 2012, naissait l’idée de l’intégrer au géorallye GPS nouvellement lancé. Caroline Cloutier, Diane Bouchard (alors directrice générale de l’Office de tourisme) et Stéphanie Roy commencent à l’imaginer.

Mme Roy travaille encore cette année, avec d’autres bénévoles de Saint-Aimé et Massueville, à construire et planter une quinzaine d’épouvantails dans les deux localités. « Nous recevons un appui fort intéressant du Recyclo-Centre qui nous fournit le matériel nécessaire à construire et habiller nos épouvantails. »

Mais elle souhaite surtout que la grande route des épouvantails se réalise à court terme. Une forme d’exposition à ciel ouvert pour attirer les touristes, valoriser la campagne et développer le sentiment d’appartenance des citoyens, comme l’ont souhaité ses instigateurs, rappelle-t-elle. « Une belle façon de jumeler culture et tourisme », conclut Mme Cloutier.

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