20 janvier 2021
La francisation en entreprise, un besoin essentiel
Par: Alexandre Brouillard

Les travailleurs étrangers Creon Viloria, Jefferson Aran et Wilson Macasinag accompagnés par l’enseignante Lise Charbonneau et par la responsable du programme de francisation au CSSS-T, Lauriane Smolla, lors du Marché de Noël en 2019. Photo gracieuseté

De plus en plus de travailleurs étrangers sont embauchés par des entreprises de la région et la francisation s’avère un service essentiel auquel plusieurs employeurs ont recours. Diverses initiatives sont mises en branle afin d’aider ces nouveaux arrivants à apprendre les subtilités de la langue française tout en intégrant la culture québécoise.

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En collaboration avec Emploi-Québec, le Service aux entreprises (SAE) du Centre de services scolaire de Sorel-Tracy (CSSS-T) offre un soutien à la francisation des milieux de travail afin de développer les compétences langagières en français et de développement de la compétence interculturelle. « L’objectif du programme de 125 semaines est d’amener les travailleurs étrangers à communiquer, à écrire, à comprendre et à lire en français. Pour ce faire, ils apprennent les quatre compétences langagières par l’entremise de sept niveaux », explique la responsable de la francisation en entreprise au CSSS-T, Lauriane Smolla.

Les demandes de services de francisation en entreprise sont à la hausse dans la région. Chaque année, de plus en plus de travailleurs étrangers arrivent à Sorel-Tracy. Diverses entreprises les embauchent et multiplient les efforts pour s’assurer que leur intégration se déroule bien. Ce sont des enseignants comme Josiane Allard qui leur apprennent le français lors de séances hebdomadaires. « En plus du français, on les aide aussi à comprendre les codes de notre société. J’aime beaucoup voir leur évolution », confie Mme Allard.

« Dès le début du programme, nous conscientisons les travailleurs étrangers au défi que représente l’apprentissage du français tout en s’adaptant à une nouvelle culture et à un nouveau travail. Bien souvent, ils doivent apprendre un nouvel alphabet et de nouveaux sons, ce qui représente un défi de taille pour plusieurs immigrants. […] Ils apprennent le français standard, mais se confrontent rapidement aux expressions québécoises au travail. Nous devons donc leur enseigner les expressions bien de chez nous. Ils ont souvent des questions par rapport au français québécois parlé », explique Lauriane Smolla.

Lorsque les sept niveaux du cours de francisation sont complétés, ils doivent passer le Test de connaissance du français au Québec (TCFQ). Advenant la réussite de ce test, ils peuvent par la suite demander leur certificat de sélection du Québec dans l’optique d’obtenir leur résidence permanente. « Une fois qu’un travailleur étranger a complété notre formation, il maîtrise la langue française, mais il possède également de bonnes connaissances sur la culture et l’histoire québécoise », soutient la responsable du programme de francisation au CSSS-T.

Des travailleurs philippins chez Aciers Régifab

Depuis juin 2019, cinq travailleurs originaires des Philippines travaillent chez Aciers Régifab. Ce fut tout un choc culturel et climatique pour Wilson Macasinag, Jefferson Aran, Creon Viloria, Sandro Nipit et Nemecia Condino lors de leur arrivée au Québec. Néanmoins, leur défi principal est d’apprendre la langue de Molière.

Pour Creon Viloria, apprendre la langue française représente un défi d’envergure. Malgré les difficultés rencontrées, il se dit très heureux de pouvoir travailler au Québec. « Il y a beaucoup de différences avec ma langue [d’origine]. Il y a une barrière de la langue, mais nos collègues et le patron sont gentils », soutient-il.

Nemecia Condino ajoute que le plus difficile est d’être loin de sa famille. « Mon esprit est aux Philippines et mon corps est au Québec. Je veux faire ma vie ici avec ma famille. Je dois donc réussir les cours de francisation », explique-t-il.

 

À suivre la semaine prochaine

Vous pourrez lire la suite de notre dossier sur la francisation des travailleurs étrangers dans le journal de la semaine prochaine alors que nous traiterons des responsabilités des employeurs lorsqu’ils embauchent des gens à l’international.

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