17 février 2021
La Ferme du Barbu se lance dans les œufs
Par: Katy Desrosiers

François Lecours et Élène Pépin accueilleront bientôt 500 poules dans leur nouveau bâtiment. Photo Pascal Cournoyer | Les 2 Rives ©

François Lecours et Élène Pépin accueilleront bientôt 500 poules dans leur nouveau bâtiment. Photo Pascal Cournoyer | Les 2 Rives ©

La Ferme du Barbu, connue entre autres pour son ail et ses citrouilles, accueillera bientôt 500 poules pondeuses qui permettront à l’entreprise de surpasser la demande qu’elle avait pour les œufs.

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Située à Sainte-Anne-de-Sorel, l’entreprise a commencé ses activités il y a cinq ans alors qu’Élène Pépin a abandonné sa carrière en hôtellerie pour se lancer dans la production d’ail avec son conjoint François Lecours. Maintenant, la ferme offre différents produits comme des citrouilles, des produits de l’érable, de l’ail, des œufs et de la moulée pour les animaux de ferme.

Au Québec, il est permis de posséder 99 poules pondeuses sans quota. Les propriétaires avaient ce nombre, mais comme ils ne pouvaient plus répondre à la demande, ils se sont inscrits au Programme d’aide au démarrage de nouveaux producteurs d’œufs de la Fédération des producteurs d’œufs du Québec. Ils ont remporté 500 unités de quota, ce qui correspond à 500 poules. François Lecours explique qu’il s’agit d’une très belle opportunité parce qu’à 245 $ le quota, c’est comme s’ils avaient économisé 122 500 $.

Il ne leur restait qu’à construire un bâtiment pour accueillir les poules. Celui-ci, presque terminé, est conçu pour recevoir à terme près de 1200 poules en liberté. Les visiteurs pourront y accéder.

« Ce sera comme une mini ferme éducative, souligne le producteur. La personne verra le principe du convoyeur à œufs, la luminosité, l’environnement des poules. C’est un peu une mission pour nous. Même quand les gens viennent dans les champs, ils voient le maïs, les citrouilles. Sur Facebook, on montre ce qu’on fait. Les gens aiment ça être attachés à une ferme ou une entreprise. Ils nous suivent et quand ils viennent acheter, ils sont bien contents. »

Engouement pour l’achat local

François Lecours a constaté un attrait pour l’achat local, encore plus pendant la COVID.

« C’est un programme pour que le monde puisse se rapprocher des fermes et acheter des produits locaux. Dans la région, le monde cherche de plus en plus à acheter local. On fait de la cueillette de citrouilles à la ferme. C’est tellement populaire qu’on a manqué de citrouilles. Si les œufs pouvaient être aussi populaires! », rigole-t-il.

À long terme, le propriétaire souhaiterait vendre ses œufs aussi en épicerie et dans des commerces. Avec la COVID, M. Lecours explique que le ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec, André Lamontagne, a autorisé les plus petits producteurs à vendre au niveau commercial à certaines conditions. Si la ferme possède un poste de classement, c’est-à-dire un équipement avec lequel les œufs sont pesés, mirés et marqués avec la date, elle peut vendre en épicerie. M. Lecours aimerait aller dans cette direction, mais localement, seulement pour écouler les œufs pendant la saison morte et conserver ses clients. Le Provigo, la Grange à Houblon et quelques boucheries ont démontré un intérêt.

Les poulaillers urbains

Dans les dernières années, des municipalités comme Sorel-Tracy, Sainte-Anne-de-Sorel et Saint-Roch-de-Richelieu ont autorisé la garde de poules en milieu urbain. À Sorel-Tracy, il faut un permis et la limite est de quatre poules. Aucun coq n’est permis et elles doivent être gardées en tout temps dans un poulailler et un enclos. Dès la mi-mars, la demande de permis pourra se faire aussi en ligne.

La Ferme du Barbu vend également des poules pondeuses et le matériel requis pour en prendre soin. L’an dernier, elle a manqué de poules en en vendant plus de 2500 à des gens venus de partout au Québec. Encore cette année, François Lecours entrevoit une pénurie.

« Il y en a gros qui avaient ce projet-là l’an passé et se sont fait fermer la porte parce qu’il n’y avait plus de poules. Cette année, j’en ai réservé pas loin de 3000 et en l’espace d’un mois, j’en ai déjà 1000 de vendues », lance-t-il.

Il lui reste des poules blanches et brunes. Il soutient que les brunes sont les meilleures pondeuses et les plus dociles pour ceux qui débutent.

Le producteur remarque que les gens qui viennent acheter des poules sont majoritairement bien informés et préparés.

Le directeur des communications pour la Ville de Sorel-Tracy, Dominic Brassard, rappelle que la garde de poules en milieu urbain doit se faire dans le respect des règlements et des animaux. « C’est une activité formatrice et intéressante, mais une poule, c’est un animal qui a besoin de soins au même titre que tout animal de compagnie. Il faut aussi prévoir ce qu’on fera des poules l’hiver », conclut-il.

Permis accordés pour des poulaillers urbains à Sorel-Tracy

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2019

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2020

18

2021 (au 11 février)

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