14 juin 2016
La course à pied au sommet de sa popularité
Par: Sarah-Eve Charland
La course du 5 km du Festival de la gibelotte attire plus de 1600 coureurs au mois de juillet. | TC Média - Pascal Cournoyer

La course du 5 km du Festival de la gibelotte attire plus de 1600 coureurs au mois de juillet. | TC Média - Pascal Cournoyer

La popularité de la course à pied ne cesse d’augmenter. Alors que le marché de la course à pied semble saturé au Québec, la région accueille de nouveaux coureurs d’année en année.

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Daniel Lequin, un marathonien dans l’âme

Dans la MRC Pierre-De Saurel, il n’y avait que la course du 5 km du Festival de la gibelotte en 2009. À l’été 2015, trois autres événements avaient lieu : la Course de la Fondation Hôtel-Dieu de Sorel, la Course de l’Espoir et le Défi Saint-Ours.

Si le nombre de coureurs demeure croissant dans la province (+6% en 2015), l’offre semble désormais plus élevée que la demande puisque 128 événements de course ont connu une diminution du nombre d’inscriptions au Québec, selon le site Internet Iskio.

La tendance ne se reflète pas dans la région. Le nombre de coureurs a augmenté d’année en année depuis 2009 malgré l’ajout de nouveaux événements de course à pied.

Un mouvement démocratique

La popularité de la course à pied s’est démocratisée. Alors qu’il y a une vingtaine d’années, la course touchait particulièrement les athlètes d’élite, ce sport rejoint de nos jours toutes les catégories de sportifs.

« À l’époque, ceux qui couraient le faisaient pour la performance et la compétition. Aujourd’hui, les gens le font pour leur santé. C’est ce que j’aime », affirme l’instigatrice du Duathlon de Sorel-Tracy, Suzanne Lachance.

Cette dernière a gagné sa première course en 1980 à Berthierville au moment où la course connaissait son premier regain de popularité. « Après les Jeux Olympiques en 1976 à Montréal, il y avait eu un boom. Puis, il y a eu une baisse de popularité. C’est difficile à expliquer pourquoi. De nos jours, on voit un retour. C’est un cycle. »

Le sportif Daniel Lequin abonde dans le même sens. Au fil des ans, il a vu l’intérêt pour ce sport évoluer. Sorel avait dans les années 1970-80 son club de coureurs Kami. Un groupe de coureurs élite avec Raymond Lamoureux, Michel Faust, Kid Millette et compagnie.

« Ils étaient de tellement bons coureurs que des gens comme moi n’osions pas aller courir avec eux! »

Le Québec vivait à ce moment un engouement pour la course à pied alors que Jacqueline Gareau était une vedette et que les Arseneault s’occupaient du Marathon de Montréal.

Puis l’intérêt a diminué. Ce fut la même chose à Sorel-Tracy. Ce n’est qu’il y a une dizaine d’années que la course a connu une remontée de popularité.

« Et depuis cinq ou six ans, on a atteint un peak qui se maintient. La course s’est popularisée, tellement accessible à tous. Les gens n’hésitent plus à s’inscrire à des courses même s’ils savent bien qu’ils ne performeront pas comme les meilleurs. Ils n’en sont plus gênés. » Ce dont se réjouit le blogueur de RDS, qui écrit sur la course à pied.

Une préparation nécessaire

La kinésiologue Mireille Bégin-Rajotte du centre Énergie Cardio de Sorel-Tracy constate également un regain d’intérêt pour la course à pied qui rejoint des personnes de tous les horizons. Toutefois, avant de se lancer dans la course, il est important de se préparer, conseille-t-elle.

Bien que la course à pied soit accessible et gratuite, il ne faut pas commencer un entraînement sans se connaître soi-même, explique-t-elle.

« Il est bon de consulter un entraîneur ou un kinésiologue. Certaines personnes peuvent avoir des difficultés. Il peut y avoir des risques liés au stress. Il faut se connaître soi-même pour éviter des blessures. On veut une expérience positive. »

Elle conseille de commencer par la marche et d’intégrer des intervalles de course. Pour certaines personnes, cela peut prendre jusqu’à deux ans pour devenir un bon coureur, selon la kinésiologue.

Depuis deux ans, elle donne des entraînements gratuits à l’école secondaire Fernand-Lefebvre, en collaboration avec le Défi santé mis en place par le centre hospitalier, le mercredi soir dès 17h30.

Ces entraînements sont disponibles à tous ceux qui souhaitent participer à la course du 5 km du Festival de la gibelotte en juillet ou celle de la Fondation Hôtel-Dieu de Sorel en septembre. Entre 30 et 50 personnes se présentent à chacun des entraînements.

« C’est fascinant. Il y a des personnes qui n’ont jamais couru et d’autres qui veulent passer du 5 km au 10 km. C’est un groupe hétérogène. Les gens créent des liens. Ça devient une motivation pour revenir s’entraîner la semaine suivante. L’aspect social est important. »

Les bienfaits de la course ne sont pas négligeables. En plus d’avoir des impacts positifs sur l’humeur, la course permet d’augmenter la puissance des jambes et d’augmenter l’endurance.

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