26 novembre 2015
La Couronne réclame 21 ans de prison pour le pédophile André Pépin
Par: Louise Grégoire-Racicot
André Pépin, au palais de justice de Sorel-Tracy. | Photo TC Média - Jean-Philippe Morin

André Pépin, au palais de justice de Sorel-Tracy. | Photo TC Média - Jean-Philippe Morin

La procureure de la Couronne, Me Geneviève Beaudin, réclame 21 ans d’emprisonnement pour le pédophile André Pépin, reconnu coupable, en mai dernier, de 29 chefs d’accusation, la plupart de nature sexuelle.

Vingt et un ans dont on soustraira le temps déjà passé en prison, ce qui se solderait par une incarcération de 18 ans et trois mois.

Des peines consécutives, a-t-elle précisé, à cause du nombre important de victimes et de plusieurs jugements rendus au fil des ans dans des circonstances presque comparables.

Me Beaudin l’a fait lors d’une plaidoirie sur sentence qui a duré près d’une heure, le vendredi 20 novembre, au palais de justice de Sorel-Tracy.

Quant à l’avocat de la défense, Luc A. Forcier, il a obtenu du juge Denys Noël de pouvoir obtenir une contre-expertise d’un psychiatre attaché à l’Institut Pinel avant de prononcer la sienne.

Il devra présenter ce rapport de même que sa plaidoirie écrite le 28 janvier 2016.

Au registre des délinquants sexuels

Me Beaudin a aussi demandé que l’accusé ne soit pas remis en liberté avant d’avoir purgé au moins la moitié de sa peine et qu’il soit enregistré au registre des délinquants sexuels.

L’accusé ne bénéficie d’aucun facteur atténuant qui aurait pu alléger sa peine, mais de plusieurs facteurs aggravants, a-t-elle argumenté: il a harcelé et agressé sept victimes sur une période de 20 ans, utilisant même une arme contre un, des substances, stupéfiants et de l’alcool afin d’arriver à ses fins. Elle a insisté à la fois sur la fréquence des gestes et la vulnérabilité des jeunes victimes.

M. Pépin a aussi des antécédents judiciaires, a-t-elle rappelé. Deux fois, il a été condamné pour des situations où il utilisait le même modus operandi. De plus, ses gestes ont eu des conséquences plus importantes pour les victimes, la majorité hétérosexuelles vivant des agressions homosexuelles, révèle le rapport sexologique.

M. Pépin est entré une fois en thérapie, mais a laissé tomber son traitement avant la fin en 1985, a-t-elle poursuivi. « Il ne témoigne d’aucun regret, cherche plutôt un coupable autre que lui. Il nie les faits, les minimise. Et il présente un risque élevé de récidive. Pendant ce temps, des victimes adultes ont accepté de témoigner de leur propre comportement, de leur dépendance et de la déchéance qui s’ensuit, ce qui est rare. Ils ont vécu une autre descente aux enfers alors qu’ils veulent oublier », a-t-elle avancé.

La responsabilité pénale de M. Pépin est élevée, a-t-elle insisté. « Il n’a pas de compassion ni d’empathie, ne collabore pas. Il a été accusé et a déjà été condamné deux fois pour les mêmes comportements. »

Durant cette plaidoirie, l’accusé est resté tête baissée, dos à la salle, un document à la main (derrière lequel il se cache quand il circule dans le corridor), jetant parfois de brefs coups d’œil à l’avocate.

Rappelons que l’accusé a été arrêté en avril 2013. Il est détenu depuis le début des procédures. Il avait renoncé à son enquête préliminaire en août 2013. Il a déjà purgé 23 mois de prison pour des crimes semblables survenus au début des années 90.

En appel

Entretemps, son avocat Me Forcier a fait appel de ce verdict de culpabilité en juillet dernier, affirmant que l’accusé n’avait pas eu droit à la présomption d’innocence. Un recours non contesté par la Couronne. Si la Cour d’appel donne raison à Me Forcier, André Pépin devra subir un nouveau procès au palais de justice de Sorel-Tracy.

M. Pépin reviendra devant la cour le 26 février 2016 également pour son procès concernant les chefs d’accusation d’harcèlement.

image