24 septembre 2019
Décédée en mars 2014
La Cour Supérieure demande un complément d’investigation au sujet de la mort de Kim Pettersen
Par: Katy Desrosiers

Éric Pettersen souhaite que le processus mène à des recommandations pour que d'autres n'aient pas à passer au travers ce que sa fille a vécu. Photothèque | Les 2 Rives ©

Un jugement de la Cour supérieure du Québec, rendu le 30 août 2019, ordonne à la coroner en chef du Québec d’effectuer un complément d’investigation sur les allégations voulant que la jeune Kim Pettersen, qui s’est enlevé la vie le 18 mars 2014, ait été victime de harcèlement et d’intimidation, lors de sa dernière année au secondaire, par des membres du personnel et de la direction. Cependant, la coroner en chef a choisi de porter en appel la décision.

Dans le jugement du juge Sylvain Provencher du district de Bedford, on peut lire que les événements se seraient déroulés lors de l’année scolaire 2011-2012. Par la suite, un geste d’intimidation aurait été posé, au cours du mois de février 2014 par des membres du personnel du centre de formation professionnelle qu’elle fréquentait.

Le demandeur de la requête pour la tenue d’une enquête publique ou du complément d’investigation est Arnaud Duhamel. « C’est un étudiant en droit à l’Université de Sherbrooke qui m’a contacté en 2015 ou 2016, explique en entrevue le père de Kim, Éric Pettersen. À ce moment-là, je faisais des démarches auprès du coroner en chef pour demander une enquête publique. La demande avait été évaluée et refusée. J’ai eu un moment de découragement. Il a été témoin de ce moment que j’ai partagé sur les réseaux sociaux et il m’a offert son aide. Il a donc entrepris des démarches au niveau légal. »

Dans le jugement disponible en ligne, on peut constater que la voie de l’enquête publique a été refusée, mais qu’un complément d’investigation pour déterminer les causes du suicide a été ordonné à la coroner en chef du Québec. Le Tribunal a conclu qu’il n’était pas raisonnable de refuser la poursuite de l’investigation quant aux allégations d’intimidation et de harcèlement d’autant plus qu’il est suggéré qu’un tel acte ait été commis en février 2014, peu de temps avant le décès de Kim. Le complément d’investigation, s’il est réalisé, servirait à déterminer ce qui a poussé Kim à s’enlever la vie et non à trouver des coupables.

Décision en appel

Cependant, comme le bureau de la coroner en chef portera en appel ce jugement, le supplément d’investigation n’est pas garanti. Éric Pettersen, qui avait l’impression d’avoir gagné une manche de son combat au début de la semaine, est maintenant plutôt découragé. « Je pense que ça envoie le message que pour le bureau du coroner en chef du Québec, enquêter sur les causes des suicides, ce n’est pas important. Pour eux, la prévention du suicide, ce n’est pas important non plus. […] Je trouve ça même aberrant que nos institutions, qui sont là pour protéger le public, préfèrent protéger leurs employés en allant en cour d’appel, plutôt que de protéger le public en enquêtant sur les causes d’un suicide qui pourrait en prévenir d’autres », affirme M. Pettersen.

Le père s’attend à ce que le processus prenne autour de deux ans. « On n’abandonnera jamais. Quand tu sais que tu as raison, tu ne peux pas abandonner », lance-t-il.

De son côté, la Commission scolaire de Sorel-Tracy entend collaborer, le cas échéant, au complément d’enquête s’il est toujours ordonné par la Cour supérieure après le processus d’appel. Cette dernière suivra les recommandations qui pourraient être formulées par la coroner en chef du Québec.

Si vous avez besoin d’aide : 1-866-APPELLE (277-3553).

 

À lire aussi : Lettre ouverte d’Éric Pettersen, s’adressant au coroner en chef du Québec

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