9 octobre 2015
La communauté autochtone d’Odanak en colère contre les gouvernements
Par: Julie Lambert
Déversement des eaux usées dans le fleuve | Photo: TC Média - Archives

Déversement des eaux usées dans le fleuve | Photo: TC Média - Archives

La communauté autochtone d’Odanak est en colère de ne pas avoir été consultée dans le dossier du déversement de huit milliards de litres d’eaux usées dans le fleuve Saint-Laurent par la Ville de Montréal. En pleine période de chasse et de pêche, les autochtones craignent les répercussions sur leur territoire et demandent une révocation de cette autorisation.

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Dans deux lettres adressées aux ministres fédéral et provincial de l’Environnement, Leona Agglukaq et David Heurtel, le Grand Conseil de la Nation Waban-Aki, Denis Landry, demande d’être consulté dans le dossier du déversement.

Les Abénakis d’Odanak soutiennent la demande de leur chef. Selon le conseiller responsable de l’environnement au Conseil des Abénakis d’Odanak, Alexis Wawanoloath, les milliards de litres de déchets que la Ville de Montréal propose de rejeter dans le fleuve se rendront certainement au lac Saint-Pierre.

« Encore une fois, la décision va à l’encontre de nos pratiques traditionnelles. Nous sommes dans le temps de la pêche à la sauvagine. On va le fumer après. Cette décision va certainement toucher nos activités. Il y aura des dépôts de sédiments en plus de toutes sortes de déchets dans l’eau. On ne veut pas voir ça », affirme-t-il.

Le conseiller souligne que les gouvernements fédéral et provincial vont à l’encontre des droits constitutionnels de leur nation. La communauté n’a d’ailleurs pas l’intention de laisser passer ce dossier sans avoir son mot à dire sur la question, mentionne M. Wawanoloath.

Le fédéral a l’obligation, explique-t-il, de consulter les nations autochtones impliquées et, le cas échéant, de les accommoder avant de prendre une décision susceptible d’avoir un effet préjudiciable sur les terres et les ressources revendiquées par eux.

« Ils n’ont même pas pensé nous consulter et ne nous ont pas intégrés au processus, mais c’est terminé ce temps-là! Il faut que les gouvernements prennent au sérieux leurs obligations. Pour le moment, on attend leur réponse. S’ils continuent de nous laisser de côté, on prendra un autre niveau d’actions », conclut le conseiller.

Les Abénakis du Québec vivent dans les communautés d’Odanak et de Wôlinak. Elles ne sont pas les seules à avoir déploré de ne pas avoir été consultées avant l’autorisation émise à la Ville de Montréal.

Les maires de Sorel-Tracy, Sainte-Anne-de-Sorel et Trois-Rivières ont également fait connaître leur opposition au projet de déversement qui doit avoir lieu entre le 18 et le 25 octobre.

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