29 novembre 2017
La Collection Denis St-Martin: le contrat original de voyageur daté du 18 novembre 1820
Par: Deux Rives

Le document (Photo: Germain Martin)

Dans le cadre des fêtes du 375e anniversaire de Sorel-Tracy, le collectionneur Denis St-Martin présente, chaque dernier mardi du mois et tout au long de l’année 2017, une série de douze petites chroniques historiques reliées à l’histoire de Saurel et tirées de livres, de manuscrits, de cartes d’époque, tous des originaux de sa Collection. Voici la onzième à propos du contrat original de voyageur daté du 18 novembre 1820.

Jean-Baptiste Cardin de Sorel s’engage envers la Compagnie du Nord-Ouest pour servir sur un canot de voyageur en position milieu de canot et pour hiverner durant trois années, pour la somme de 1000 livres. Il devait passer par Michilimakinac, (fort de traite situé sur le détroit entre le lac Ontario et le lac Michigan) donner six jours de corvée, faire deux voyages du Fort William au Portage de la Montagne (après avoir pagayé 1900 km pendant 14 heures par jours depuis Montréal) faire deux fois un portage d’une quinzaine de kilomètres d’une très grande difficulté au nord-ouest du lac Supérieur) aider à porter les canots dans les terres, porter les marchandises, vivres, pelleteries. Parti au printemps 1821, il serait revenu à Sorel au cours de l’été 1823.

Le 15 mars 1825, le même Jean- Baptiste Cardin de Sorel signe devant le notaire Henry Crébassa, un contrat d’une année comme pagayeur de milieu de canot, moyennant la somme de 1200 Livres. En compagnie de 11 autres pagayeurs sorelois, on lui demande de partir à la fin de mars en canot pour se rendre au lac à l’Ours (Territoire de Nord-Ouest) sous les ordres de Sir George Franklin, Capitaine de la Marine Royale pour son deuxième voyage par voie de terre afin de découvrir le Passage du Nord-Ouest. Les canots devait alors remonter la rivière Outaouais, rejoindre le lac Népissing (North Bay) en passant par une suite de petits lacs et de portages, puis emprunter la rivière des Français jusqu’au lac Huron, suivre le côté nord de ce lac et se rendre jusqu’aux détroits du Sault Sainte-Marie, s’engager dans le chenal conduisant au lac Supérieur, puis longer sa côte nord jusqu’au Fort Williams (aujourd’hui Thunder Bay) et de là, affronter le Grand Portage.

Ici, le plus difficile de l’expédition était à faire. On devait alors décharger chacun des grands canots de Maître de ses trois tonnes de marchandises que chacun des 10 ou 12 hommes du canot devait portager, 150 livres à la fois, jusqu’au lac La Pluie, puis au lac Des Bois. De même, trois hommes devaient portager le canot. (Ce n’est pas la distance à parcourir qui rend le «grand portage» si redoutable, car à vol d’oiseau, il n’est que d’une douzaine de kilomètres. C’est plutôt le défi posé par les spectaculaires accidents de terrain alternant sols marécageux, rapides, cascades et escarpements, dont certains d’une centaine de mètres de hauteur. Pour le traverser en sauvegardant les canots avec tout l’équipement et les provisions, il faut de sept à dix jours d’un incessant et épuisant va-et-vient de personnes portant de lourdes charges.)

De lacs en portages, l’expédition se rendra à 550 km au nord de Yellowknife, sur la rive ouest du Grand Lac à l’Ours. Franklin y établira pour les deux années suivantes les campements et sa base opérationnelle. De là, à la fin de l’été 1825, Franklin empruntera le fleuve Mackenzie jusqu’à la mer Arctique et reviendra hiverner au lac à l’Ours. En 1826 il fit près de la moitié de la distance sur la mer Arctique pour se rendre au-dessus du Détroit de Behring. Après avoir hiverné une seconde fois au lac à l’Ours, tous devaient revenir à Montréal à l’été 1827.

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