12 décembre 2017
La Collection Denis St-Martin: Isaac Jogues
Par: Jean-Philippe Morin

Gravure originale de Adrian Melaer (1633-1667). Graveur à Anvers Abraham Van Diepenbeeck (1596-1675) Peintre, aquarelliste, dessinateur et peintre-verrier. Actif à Anvers. (Photo: Germain Martin)

Dans le cadre des fêtes du 375e anniversaire de Sorel-Tracy, le collectionneur Denis St-Martin a présenté, chaque mois, une série de douze petites chroniques historiques reliées à l’histoire de Saurel et tirées de livres, de manuscrits, de cartes d’époque, tous des originaux de sa Collection. Voici la dernière à propos d’Isaac Jogues, né le 10 janvier 1607 à Orléans (France) et assassiné dans l’état actuel de New York le 18 octobre 1646.

De la fondation de Ville-Marie en 1642, jusqu’en 1653, les attaques incessantes par les Iroquois provoquent le dépeuplement de la bourgade. Ses habitants doivent compter sur le transport en barques sur le fleuve pour de rares contacts avec Trois-Rivières et Québec. Déjà en 1641, le père Paul Le Jeune est délégué auprès des instances françaises pour entreprendre des démarches afin d’obtenir du secours contre les Iroquois. À la suite de cette fructueuse requête, le gouverneur de Montmagny fait bâtir un fortin à l’embouchure du Richelieu afin de rendre les déplacements des Iroquois plus difficiles.

Envoyé comme missionnaire en Nouvelle-France en 1636, Isaac Jogues rejoint le père Brébeuf qui œuvre déjà en Huronie. Le Saint-Laurent est continuellement surveillé par les Iroquois entre Ville-Marie et Trois-Rivières. En juin 1642, Jogues accompagne un groupe de Hurons jusqu’à Québec, mais au retour, après s’être arrêté à Trois-Rivières, le groupe d’une douzaine de canots part en direction de Montréal. Le 3 août, probablement près de Sorel ou dans les environs de Lanoraie, les canots sont assaillis dans une embuscade par des Iroquois. À la suite d’une courte fusillade, Isaac Jogues, Goupil, Couture et une partie des Hurons sont emmenés en captivité chez les Agniers et soumis aux plus effroyables supplices. Après 13 mois de tortures, où entre autres tourments on lui sectionne les doigts, Jogues est secouru par les calvinistes hollandais de Fort Orange qui lui offrent une occasion de s’évader en le cachant dans un bateau en partance pour l’Angleterre. De retour en Nouvelle-France en 1644, Isaac Jogues devait tomber une seconde fois entre les mains des Iroquois en 1646, où cette fois il fut décapité.

Bref, ce n’est finalement que 55 ans plus tard que la GRANDE PAIX DE MONTRÉAL impose aux Cinq Nations iroquoises une paix qui se révéla bien fragile.

Source : Dictionnaire biographique du Canada (DBC)

image