12 novembre 2019
La clé, l’emploi
Par: Louise Grégoire-Racicot

Forte d'une expérience de plus de 40 ans dans les médias, dont 37 au journal Les 2 Rives, Louise Grégoire-Racicot écrit une chronique hebdomadaire à propos de sujets régionaux.

La revue L’actualité publie son palmarès des villes de 10 000 habitants où il fait bon vivre, au Québec. Sorel-Tracy y est en fin de liste : 84e sur 103. Pas qu’on ne peut y trouver le bonheur. Mais parce qu’il lui manque un important ingrédient pour gravir des échelons!

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Aujourd’hui, les responsabilités des villes ne se limitent plus à la distribution de l’eau, aux services d’égouts, de cueillette des déchets, à la sécurité.

Leurs élus doivent notamment se préoccuper de développement économique, culturel et social – transport en commun, lutte à la pauvreté, accès à la propriété, qualité de l’environnement, culture et loisir. Le bonheur de ses résidents, quoi!

Ces derniers sont de plus en plus exigeants, réclamant plus de services de meilleure qualité et à moindre coût! Des coûts qui les inciteront souvent à habiter une ville plutôt que l’autre.

Oui, Sorel-Tracy a amélioré ses services depuis 20 ans, et ce, dans un environnement plus sain – meilleur accès au fleuve, infrastructures nouvelles (pistes cyclables) ou réaménagées (parcs, salle de spectacle, etc.) tout en maintenant un service de la dette raisonnable.

Mais elle n’a pas réussi pour autant à initier une croissance de sa population. Tout au plus a-t-elle enregistré une stabilisation malgré le fait que la construction de logements ait crû de belle façon et que le prix des maisons soit relativement stable alors qu’il galope dans plusieurs villes de même taille. Un atout sur lequel miser.

Comme sur son bas indice de gravité de la criminalité qui en fait un environnement sécuritaire et la présence d’institutions comme le Cégep, le Centre de formation professionnelle, l’hôpital, l’aréna et le cinéma.

Au chapitre du transport durable, elle perd des points, comme bien d’autres villes. Peu de ses gens vont travailler à pied ou à vélo. Très peu en transport en commun pratiquement inexistant dans la région, si ce n’est que pour la relier à Montréal. Quelques-uns de ces autobus desservent cependant la circulation locale, tout comme Taxibus. La taille de la ville ne justifie certes pas qu’on ajoute du transport en commun.

Reste que quelque chose ne tourne pas rond. Sorel-Tracy ne pourra espérer une poussée de croissance si elle n’arrive pas à héberger de nouvelles entreprises qui offriront des emplois de qualité à une main-d’œuvre songeant à s’y établir. Elle le sait depuis plus de 30 ans – après la fermeture de ses grandes entreprises qui lui ont coûté des milliers d’emplois bien rémunérés.

Elle a tenté de prendre le taureau par les cornes en travaillant avec la région au soutien d’organismes accompagnant des entrepreneurs potentiels ainsi qu’à la quête d’une nouvelle vocation régionale autre que l’industrie lourde de l’acier. Elle a fait des pas. Ses entreprises ont élargi le cercle de leurs clients. Mais il reste plus à faire pour assurer une relance en bonne et due forme. Un objectif qu’elle ne peut abandonner sans signer sa perte.

Car la richesse et la croissance de sa population reposent en grande partie sur l’état de son économie et la création de nouveaux emplois. Sorel-Tracy ne doit pas se contenter de devenir une ville-dortoir comme bien des villes voisines. Il lui faut redoubler d’efforts pour voir s’implanter chez elle des entreprises qui garantiront son présent et auront suffisamment de vision d’avenir pour en assurer la pérennité.

Les élus doivent se rappeler que des citoyens n’achètent plus seulement une maison, mais un milieu de vie qui répondra à leurs besoins d’aujourd’hui, mais aussi de demain. Un large spectre d’intervention à assumer pour garantir le meilleur à ses résidents. Écouter ce qu’ils ont à suggérer est un outil privilégié pour y arriver.

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