25 juin 2019
Député de Richelieu
Jean-Bernard Émond fier de son bilan de fin de session parlementaire
Par: Raphaëlle Ritchot

Jean-Bernard Émond a accordé une longue entrevue à notre journaliste à l'occasion de la conclusion de la session parlementaire. Photo Pascal Cournoyer | Les 2 Rives ©

Après une fin de session parlementaire mouvementée à Québec, le député de Richelieu Jean-Bernard Émond dresse son bilan, lui qui en était à sa première expérience au Salon bleu de l’Assemblée nationale.

« J’ai d’abord été conseiller politique pour la Coalition avenir Québec (CAQ) pendant six ans. Donc, je connaissais un peu le rôle, mais le vivre moi-même, c’est très différent », affirme-t-il d’entrée de jeu, dans une longue entrevue accordée à notre journaliste.

Comme son gouvernement a décidé de faire passer beaucoup de projets de loi lors de cette deuxième session parlementaire, M. Émond a été appelé à être très souvent à Québec. Il venait d’y passer la fin de semaine alors que les projets de loi 9 et 21, sur l’immigration et sur la laïcité de l’État, ont été adoptés sous le bâillon.

« On a utilisé une procédure d’exception. La plupart des gouvernements ont déjà eu à faire appel au bâillon, même si les oppositions l’ont beaucoup décrié comme étant antidémocratique », rappelle M. Émond.

Les élus ont donc travaillé en chambre pendant plus de 19 heures pour adopter le projet de loi 9 le 14 juin, alors que le projet de loi 21 a été adopté après près de 14 heures de débat le lendemain.

Immigration

M. Émond est convaincu que le projet de loi 9 sur l’immigration permettra de contrer la pénurie de main-d’œuvre qui affecte la région.

« Dans mes rencontres avec les entreprises dans le comté, il n’y a pas une fois où les gens ne me disent pas qu’il manque de main-d’œuvre. L’ancien système d’immigration au Québec fonctionnait sur un système de points et je trouve que c’était un peu comme vendre du rêve aux immigrants. Le projet de loi qu’on a mis en place permet d’arrimer les besoins des industries avec le bassin d’immigrants. Les entrepreneurs pourront maintenant choisir ceux qui répondent à leurs besoins, sur le système Arrima. Ces personnes-là pourront venir presque immédiatement ici. C’est bon pour l’économie, parce qu’on répond au besoin criant de la pénurie de main-d’œuvre et c’est bon pour les immigrants parce qu’ils arrivent ici avec un emploi de qualité qui les attend », a-t-il expliqué.

M. Émond est certain que le comté de Richelieu est prêt à recevoir davantage d’immigrants qui possèdent des diplômes pour les emplois d’ici.

Santé

Du côté de la santé, il y a eu plusieurs tensions dans la région récemment, notamment en lien avec la sortie des maires concernant les services régionaux et l’obtention d’un appareil IRM. M. Émond ne s’en cache pas.

« Je suis en mode collaboration. La région a longtemps été dans l’opposition [au Parlement] et avait des réflexes d’opposition, mais quand tu es un député du gouvernement élu, les choses se passent autrement. […] D’avoir accès à Mme McCann [la ministre de la Santé], je pense que ça va aider », explique le député, qui croit tout de même que la CAQ ne va pas tout régler « avec une baguette magique ».

Il cible trois priorités localement. L’une d’elles est d’amener davantage de gouvernance locale à Sorel-Tracy. Il souhaite que plus de gens de l’Hôtel-Dieu de Sorel siègent sur le conseil d’administration du Centre intégré de santé et de services sociaux de la Montérégie-Est (CISSSME).

« Sur 17 personnes, on en avait une. Maintenant, une deuxième vient d’arriver et je propose au cours de mon mandat d’avoir le tiers de la représentativité. C’est Longueuil, Saint-Hyacinthe et Sorel-Tracy, il n’y a pas de raison pour que la communauté soreloise ne soit pas représentée correctement », affirme-t-il.

Sa deuxième priorité est l’appareil d‘imagerie par résonance magnétique (IRM). Le CISSSME devrait déposer une demande pour cet appareil d’ici la fin du mois de juin, selon lui.

« Je viens du monde des affaires, alors oui, des fois, je trouve que ça ne va pas vite en politique. Il faut apprendre à aller avec le rythme de la politique », insiste-t-il.

Sa troisième préoccupation est le département de pédiatrie de l’Hôtel-Dieu. Il confirme qu’une nouvelle pédiatre fera son arrivée dans la région en septembre et qu’un troisième pédiatre arrivera au début de l’année 2020.

Éducation

La plus grande fierté du député est l’octroi de 8,5 M $ pour l’agrandissement du pavillon Notre-Dame de l’École Intégrée d’Yamaska.

« C’est un projet qui était attendu depuis plus de huit ans. La Commission scolaire avait déposé cinq demandes qui avaient toutes été refusées par les gouvernements précédents », se félicite M. Émond.

Par contre, le dénouement est moins positif pour le dossier de l’école Saint-Viateur qui n’a pas reçu de subventions.

« Le projet n’a pas été retenu cette année, c’est sûr que j’aurais aimé avoir les deux. Dans les prochains mois, je vais m’asseoir avec la Commission scolaire pour voir avec eux pourquoi le projet a été refusé », a indiqué le député, qui estime tout de même que l’école a peut-être été laissée trop longtemps à l’abandon.

Il croit donc que les classes modulaires installées à l’école Saint-Gabriel-Lalemant, qui devaient être une solution temporaire au manque d’espace, deviendront peut-être permanentes.

Communautaire

Le député a également obtenu près de 20 000 $ supplémentaires provenant du budget discrétionnaire de différents ministres pour soutenir divers organismes et événements de la circonscription de Richelieu. Parmi ceux-ci, on compte le Gib Fest.

« Cela fait partie des avantages d’être un député des banquettes gouvernementales. Je peux me permettre d’aller voir mes collègues ministres pour aider davantage mon comté », souligne-t-il.

Il a aussi permis à certains organismes d’être inclus dans des programmes dans lesquels ils n’étaient peut-être pas acceptés auparavant ou qu’ils ne connaissaient pas.

« Les organismes ont beaucoup plus de choses à faire que de gérer des papiers et surveiller les programmes. Alors dès que mon équipe et moi voyons de nouvelles applications dans des programmes, on essaie de les tenir au courant », ajoute-t-il.

Laïcité

Parmi ses autres grandes fiertés, il a ajouté en fin d’entretien l’adoption du projet de loi 21 sur la laïcité de l’État, un dossier qui polarise les Québécois depuis de nombreuses années, selon lui.

« Je suis très heureux de faire partie du gouvernement qui a enfin doté le Québec d’une laïcité de l’État. C’est un dossier qui a longtemps traîné et notre gouvernement en a fait une loi modérée », a conclu M. Émond.

Les travaux parlementaires reprendront à l‘Assemblée nationale le mardi 17 septembre 2019.

image