2 février 2021
La route Marie-Victorin jugée dangereuse par des parents
« Je ne veux plus que ma fille traverse la 132 » – Ysabelle Gagnon-Guilbault
Par: Jean-Philippe Morin

Suzie Hébert, l'instigateur de la collecte de fonds sur GoFundMe Pascal Péloquin et l’instigatrice de la pétition Ysabelle Gagnon-Guilbault sont tous des parents inquiets qui veulent que la situation change. Photo Pascal Cournoyer | Les 2 Rives ©

Ysabelle Gagnon-Guilbault est l’une des premières personnes à être intervenues lors de l’accident de William St-Louis-Allard, le 27 janvier. Cet accident l’a bouleversée au point où elle a décidé de démarrer une pétition afin de faire bouger les choses, ce qui a fait écho auprès du Centre de services scolaire de Sorel-Tracy.

Publicité
Activer le son

Au primaire, les autobus scolaires vont chercher les enfants directement devant les résidences ou à proximité de celles-ci. Au secondaire, les élèves doivent se rendre à un point donné. À cet endroit, les jeunes doivent traverser la route 132, dont la limite est de 90 km/h, afin d’attendre l’autobus de l’autre côté pour se rendre à l’école à Sorel-Tracy.

« Je veux que le système de transport scolaire change. Je veux que nos enfants soient protégés. Ma fille ne veut même plus prendre l’autobus tellement elle a été traumatisée. Et moi je ne veux plus que ma fille traverse la 132 », insiste l’instigatrice de la pétition.

La mère de William abonde dans le même sens. « C’est vraiment dangereux. William a traversé sans regarder en courant parce qu’il ne voulait pas manquer l’autobus. Ça aurait pu arriver à n’importe qui », indique Joanne St-Louis, qui souhaite envoyer un message au Centre de services scolaire (CSS) de Sorel-Tracy.

« Allez chercher les enfants devant la maison. Vous le faites au primaire, vous pouvez le faire au secondaire. Ça roule trop vite dans ce secteur et même tout le long de la 132 », plaide Mme St-Louis.

« Je suis à Saint-Robert depuis peu, mais je sais qu’il y a des parents qui se battent depuis longtemps avec la Commission scolaire pour faire changer les choses, ajoute Ysabelle Gagnon-Guilbault. Même s’ils sont plus vieux et qu’ils ont 13 ou 14 ans, ce sont quand même des ados! Ça peut arriver d’être dans la lune un instant. »

D’autres parents indignés

Alors que la 33e campagne M’as-tu-vu? visant à sensibiliser la population à l’importance de l’adoption de comportements sécuritaires en présence d’autobus scolaires a lieu du 1er au 14 février, des parents s’indignent contre la situation.

Même si leur enfant ne doit pas traverser la route 132 pour se rendre à leur arrêt d’autobus, d’autres parents résidant sur cette route provinciale veulent envoyer leur propre message.

C’est le cas de Suzie Hébert, qui a dû mettre de la pression sur la Commission scolaire de Sorel-Tracy à l’époque pour que son aîné soit ramassé à proximité de sa maison. Aujourd’hui, ses trois enfants qui vont au secondaire peuvent attendre l’autobus en sécurité, près de chez elle.

« Mon plus vieux devait marcher un bon bout le long de la 132 pour se rendre à l’endroit où il prenait l’autobus. C’est près de la courbe et même si la limite est de 70 km/h, les gens roulent plus vite. Un appel n’a pas été suffisant, il a fallu chialer et se rendre à leurs bureaux pour que ça change. Je souhaite vraiment qu’on va écouter les parents et qu’on va ramasser les ados directement devant chez eux », plaide-t-elle.

Pascal Péloquin abonde dans le même sens. Son fils a 14 ans, le même âge que William, ce qui l’interpelle encore plus. C’est pourquoi il a démarré une campagne de financement GoFundMe pour aider les parents. Le 1er février, 5300 $ avaient été amassés pour la campagne « Aidez William et sa famille ».

« C’est absurde voir des enfants risquer leur vie pour aller prendre l’autobus. On n’est pas dans un quartier résidentiel ici. Oui je suis du bon côté de la rue et mon fils se fait ramasser par l’autobus quand même près de la maison, mais je connais plusieurs parents pour qui les enfants doivent marcher un bon bout sur la 132 avant d’aller à leur arrêt. Si on peut se mobiliser et que ça change quelque chose, tant mieux », conclut M. Péloquin.

La pétition est disponible en ligne sur la page Facebook d’Ysabelle Gagnon-Guilbault ou sur le site web change.org avec le titre « Je veux que l on protège nos enfants ».

Saint-Robert appliquera les recommandations

Le maire de Saint-Robert, Gilles Salvas, se demande si le CSS de Sorel-Tracy peut faire un aller-retour sur la 132 pour les jeunes du secondaire, comme il le fait pour les enfants du primaire.

M. Salvas affirme que la municipalité collaborera pour appliquer les différentes recommandations des policiers, du ministère des Transports et du CSS.

Comme solution à long terme, il note l’urgence de se pencher sur le prolongement de l’autoroute 30 qui permettrait de rediriger les camions et le trafic lié aux travailleurs aux heures de pointe. Ainsi, l’achalandage serait diminué sur la route 132, où de nombreuses résidences se sont bâties dans les dernières années.

Des solutions apportées

Le Centre de services scolaire de Sorel-Tracy, par voie de communiqué, explique que ce tragique accident s’est produit malgré le respect des paramètres et politiques de transport.

Un comité de vigie a été mis en place pour suggérer des alternatives à court terme aux parents concernés. Par exemple, il propose que les adolescents embarquent du bon côté de la route, mais une trentaine de minutes plus tôt dans l’autobus avec les enfants du primaire. Aussi, le CSS propose que le chauffeur d’autobus, lorsqu’il sera immobilisé avec le panneau d’arrêt ouvert, fasse signe aux enfants de traverser la route 132 pour l’embarquement.

Le comité se penchera dans les prochains jours sur des solutions à long terme. La campagne de sensibilisation concernant les règles de sécurité du transport scolaire, étant jusqu’alors adressée aux élèves et aux parents, sera revisitée.

Le CSS invite les parents à communiquer directement avec lui pour toute question, inquiétude ou commentaire.

Avec la collaboration de Katy Desrosiers

image