6 décembre 2017
Ex-avocat accusé de trafic de stupéfiants
« J’ai porté atteinte à ma profession » – Luc Vaillancourt
Par: Sarah-Eve Charland

Luc Vaillancourt a été arrêté en octobre 2013. (Archive)

Même s’il admet avoir transmis des cellulaires à ses clients dans le parloir du palais de justice de Sorel-Tracy, l’ex-avocat Luc Vaillancourt nie catégoriquement avoir eu l’intention de refiler des stupéfiants à un détenu.

La preuve de la Couronne et de la défense s’est terminée le 6 décembre au palais de justice de Sorel-Tracy. Le procès de Luc Vaillancourt a commencé le 29 novembre.

Du côté de la Couronne, une trentaine de témoins ont été entendus. Du côté de la défense, deux témoins ont été interrogés, dont l’accusé lui-même.

Ce dernier a avoué avoir transféré un cellulaire à trois reprises à un détenu, Jean-François Raymond, qui a notamment plaidé coupable pour possession de stupéfiants en vue d’en faire le trafic et complot en février 2015. Remettre un cellulaire à un détenu est interdit, mais n’est pas illégal.

« On m’offrait facilement de l’argent. Je croyais que c’était un risque envisageable. Je me suis royalement trompé. Je me suis fait avoir comme un amateur. J’ai commis des erreurs de jugement. Je vis difficilement avec les conséquences depuis mon arrestation », affirme Luc Vaillancourt.

Il a accepté d’effectuer une première transaction pour un montant de 500$. Il n’a pas été payé lors du deuxième accord. Il a agréé une troisième transaction puisqu’il affirme s’être senti menacé par un autre détenu, reconnu pour ses crimes violents.

Selon les propos de M. Vaillancourt, ce détenu lui aurait dit « Force-moi pas à envoyer quelqu’un à ta maison. Je veux avoir mon stock ».

« J’ai une crainte sincère que je dois faire ce qu’il me dit, sinon il va s’en prendre à ma famille. […] Je l’ai pris très au sérieux », assure l’accusé.

Pendant tous ses échanges, M. Vaillancourt maintient être convaincu qu’il s’agissait seulement de transaction de cellulaires. Il affirme avoir toujours refusé de transiger des stupéfiants ou du tabac malgré de nombreuses demandes de ses clients au cours des années.

Il aurait appris, selon son témoignage, la nature des stupéfiants au moment de son interrogatoire à la suite de son arrestation.

Les avocats devront remettre leurs plaidoiries par écrit au juge Jean-Pierre Dumais. Ce dernier rendra son verdict le 23 février.

Ce qu’on reproche à Luc Vaillancourt

L’avocat Luc Vaillancourt est accusé d’avoir fait passer de la drogue, dont du haschisch, de la marijuana et des méthamphétamines, à ses clients à l’intérieur des murs des établissements carcéraux. Il fait face à six chefs d’accusation, dont complot et trafic de stupéfiants.

Huit personnes ont été arrêtées en octobre 2013 en lien avec les accusations de Luc Vaillancourt. Tous les présumés complices ont plaidé coupables.

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