21 juillet 2020
Inspirés?
Par: Louise Grégoire-Racicot

Forte d'une expérience de plus de 40 ans dans les médias, dont 37 au journal Les 2 Rives, Louise Grégoire-Racicot écrit une chronique hebdomadaire à propos de sujets régionaux.

Les vacances marquent une période de ralenti. Une période de relâche en bonne et due forme voulue pour se détendre, refaire le plein d’énergie, prendre des distances de ce qui fut. Réfléchir à ce qui vient. C’est vrai pour tous. Pour tous nos élus en particulier. Car la région a réellement besoin qu’ils corrigent le tir.

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Tous les citoyens qui veulent le développement économique de la région s’attendent à ce qu’ils aient préparé – à titre personnel ou d’élu – un mémoire qu’ils déposeront au député Jean-Bernard Émond à l’occasion du forum qu’il tiendra en août prochain sur la question.

À défaut de rencontres festives publiques où ils croisent habituellement de nombreux citoyens, les maires ont là une occasion propice où expliquer comment ils voient le développement régional et sa gouvernance.

Déjà neuf conseillers régionaux ont affirmé leur désir de travailler à l’unisson, favorables à la création d’un fonds régional d’investissement pour réaliser de grands projets régionaux. Un pas en avant dans la bonne direction!

Les maires devraient tous consacrer quelques heures de leurs vacances à la relecture du rapport de l’Institut de la gouvernance déposé en 2019. Il contient une liste de suggestions sur les façons de réviser les pratiques actuelles qui, visiblement, ne suffisent pas pour établir des consensus qui tiennent.

Autre relecture qui s’impose : les orientations stratégiques adoptées en 2017, fondées sur des valeurs de bonheur à la maison, à l’école, au travail… dans sa municipalité; sur l’importance d’être proactif et innovant dans l’atteinte de l’excellence. Et sur le respect de la nature, de l’Histoire, des gens… de tout ce qui nous entoure. Des valeurs qu’ils ne doivent jamais perdre de vue.

Puis les élus ont à se faire une tête. Soit ils se donnent les moyens de travailler ensemble, en tout respect. Soit ils mettent les bâtons dans les roues au nom de leur propre municipalité ou de leur ego sans penser au bien commun de cette région à laquelle ils appartiennent, qu’ils le veulent ou pas. Dans ce dernier cas, ils manqueraient clairement à l’éthique.

Car l’éthique ne concerne pas que la façon dont ils attribuent des contrats, mais aussi celle dont ils se comportent comme conseiller régional qui siège à la MRC. L’éthique exige respect pour ceux avec lesquels on travaille, pairs et employés.

Voilà pourquoi la tournure que prend notamment la négociation de la convention collective des 14 employés de la MRC est déplorable. Le syndicat se dit publiquement outré de la façon dont se déroule ce processus et réclame la médiation. Mais aucune administration n’aime qu’un médiateur lui impose un règlement qu’elle ne veut pas et qui souvent lui coûte très cher. Il faut alors prendre les moyens de l’éviter. Est-ce le cas? Pour moi, il est inconcevable d’évoquer que l’on paye 70 % ou 80 % de la facture pour bloquer des progrès. Confiance mutuelle, respect et recherche d’équité s’imposent plutôt.

En relisant le rapport de l’institut de la gouvernance, j’ai appris que « dix-neuf postes pour gérer un budget de 13 millions $ avec une masse salariale de 1 247 595 $ pour un ratio de 9,54 %, c’est bien peu. À titre d’exemple, le ratio à la Ville de Sorel-Tracy est de 38 % y incluant les charges sociales. » Que penser?

Visiblement le préfet, comme l’a noté pertinemment un conseiller sorelois, Martin Lajeunesse, a beaucoup de pain sur la planche pour lever la méfiance qui flotte et rétablir la confiance. C’est son rôle premier. Mais il ne peut le faire seul. Tous les conseillers municipaux ont eux-mêmes le devoir d’exiger de leurs maires qu’il contribue à construire l’harmonie!

Que ces vacances les inspirent tous!

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