10 février 2021
Projet d’agrandissement du centre de services municipaux
Importante opposition citoyenne à Saint-Gérard-Majella
Par: Alexandre Brouillard

Le centre de services municipaux de Saint-Gérard-Majella avait été inauguré en décembre 2017. Photothèque | Les 2 Rives ©

Michel Léveillé, l’instigateur de la pétition. Photo Alexandre Brouillard | Les 2 Rives ©

Le conseil municipal de Saint-Gérard-Majella projette d’agrandir son centre de services municipaux inauguré il y a un peu plus de trois ans. Le manque d’espace serait la motivation principale pour l’agrandissement qui provoque une importante opposition citoyenne.

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Dans une brochure informative envoyée aux citoyens de la municipalité en novembre dernier, le maire George-Henri Parenteau indiquait que le conseil municipal de Saint-Gérard-Majella avait voté à l’unanimité en faveur d’un projet d’agrandissement de la salle communautaire du centre de services municipaux.

« Le coût approximatif du projet est évalué à 540 000 $. […] Comme plusieurs activités et locations ont eu lieu depuis, nous en sommes venus à la conclusion que certains correctifs devaient être apportés afin de maximiser pleinement les espaces disponibles », explique-t-il dans le communiqué.

Face à ce projet, une importante opposition citoyenne s’est mise en branle. Une pétition signée par 59 citoyens de la municipalité, dont les conseillers Éric Tessier et Jean Beaubien, a été présentée au conseil municipal le 1er février dernier.

« Nous ne voulons pas de cet agrandissement. Le bâtiment actuel construit au coût de 1,5 M$ répond amplement au besoin de notre municipalité d’environ 230 personnes », déclare Michel Léveillé, l’instigateur de la pétition.

La directrice générale de la municipalité, Anny Boisjoli, soutient que le projet d’agrandissement est seulement en phase préparatoire. « Pour l’instant, nous possédons une subvention d’environ 646 696 $ issue du programme TECQ que nous voulons utiliser pour le projet. […] Nous ne sommes même pas allés en appel d’offres, ça se peut que ça sorte beaucoup trop cher et que nous ne fassions rien », indique-t-elle.

Malgré cette subvention, M. Léveillé s’inquiète de l’impact financier à long terme pour les citoyens. Selon le journal municipal Le Bulletin Majellois, la bâtisse a rapporté 3000 $ en location et coûté environ 1500 $ en entretien en 2019. « Nous devrions plutôt utiliser cet argent pour l’entretien d’infrastructures existantes », croit M. Léveillé.

Selon Mme Boisjoli, plusieurs informations indiquées dans la pétition ne sont pas véridiques. « Les gens ont été mal informés par d’autres personnes qui sont contre le projet. Est-ce qu’ils savent qu’il n’y aura pas de coût supplémentaire? Ces gens-là disent n’importe quoi », déclare-t-elle.

Les citoyens veulent être entendus

M. Léveillé martèle que le projet aurait dû être élaboré avec l’assentiment de la population avant d’être présenté comme un fait accompli. « Nous aimerions avoir une assemblée publique pour avoir une analyse du taux d’occupation du bâtiment et ses coûts d’exploitation », soutient-il.

Lors du conseil municipal du 7 décembre 2020, le conseiller Éric Tessier avait expliqué avoir fait du porte-à-porte pour informer les citoyens du projet tout en indiquant que la brochure était « très ambiguë. […] J’ai fait le geste en tant que citoyen et non en tant que conseiller ».

Mme Boisjoli avait mentionné que ce geste était un « manquement grave » à son mandat de conseiller municipal. « Vous n’aviez pas de droit de faire ça. […] Ça contrevient à votre code d’éthique et de déontologie », avait-elle soulevé.

Malgré les demandes citoyennes et la pétition, elle affirme que « même si 100 % des citoyens sont contre le projet, il pourrait tout de même avoir lieu parce qu’ils n’ont pas à s’opposer. C’est le conseil qui décide, car il n’y a pas de règlement d’emprunt », a-t-elle déclaré en séance du conseil.

Elle affirme que l’acceptabilité sociale du projet la préoccupe, mais que les gens qui s’opposent ne comprennent peut-être pas le besoin d’agrandir le centre de services municipaux. « Au début 2020, le projet a été voté à l’unanimité, ensuite à la majorité. […] Nous analysons la situation pour faire l’esquisse et nous irons en appel d’offres voir combien ça va coûter et ensuite, la décision sera prise. […] Ce sont les élus qui ont le pouvoir de décider et non pas la population », conclut-elle.

Appelé à commenter, le maire Georges-Henri Parenteau a mentionné adhérer aux propos de sa directrice générale.

Pétition rejetée par le MAMH?

Le 1er février, un représentant du ministère des Affaires municipales et de l’Habitation (MAMH) a assisté à la séance du conseil municipal de Saint-Gérard-Majella à titre d’observateur. En entrevue, la directrice générale a affirmé à notre journaliste que la pétition n’avait pas été retenue par le MAMH.

« Aucune pétition n’a été présentée au représentant du Ministère. La pétition a toutefois été déposée en séance du conseil », spécifie le relationniste de presse du MAMH, Sébastien Gariépy.

« Même si je n’ai pas l’obligation de la déposer au conseil, […] je la dépose quand même au dossier de correspondance », a indiqué Mme Boisjoly en séance du conseil.

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