10 novembre 2020
Immobilisations : les vœux du conseil sorelois
Par: Louise Grégoire-Racicot

Forte d'une expérience de plus de 40 ans dans les médias, dont 37 au journal Les 2 Rives, Louise Grégoire-Racicot écrit une chronique hebdomadaire à propos de sujets régionaux.

Le conseil municipal sorelois a adopté son programme triennal d’immobilisations (PTI) pour 2021-2022-2023, prévoyant des investissements de 71 M$ pour réaliser 94 projets allant de la réfection des conduites d’eau et de route jusqu’à la construction et l’entretien de bâtiments municipaux et l’amélioration des parcs.

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On y trouve deux nouveaux projets : les installations d’un terrain synthétique extérieur (2 M$) et d’un skatepark (600 000 $). Des équipements destinés à la pratique sportive. Une façon d’affirmer l’intérêt du milieu à se doter d’installations sportives adéquates favorisant le développement des plus jeunes et leur offrant de sains loisirs.

Une initiative heureuse d’autant qu’elle est attendue depuis longtemps et que plusieurs conseillers s’étaient engagés à lui donner vie. Le temps presse, car 2021 est la dernière année du mandat de ce conseil sûrement soucieux de concrétiser le tout avant le scrutin de novembre 2021!

Autrement, ce plan triennal – dont les éléments, rappelons-le, sont les vœux du conseil quant à la réalisation de divers projets – est sans histoire. Il est de fait en hausse pour 2021 à 17,5 M$ alors qu’il avait totalisé en 2019, 16,2 M$ dont 9 M$ pour la construction d’un centre sportif et aquatique au coût total de 28 M$. Un projet toujours sur la glace, car en attente de subventions. Le conseil, sans doute pour prouver sa bonne foi, y consacrerait toutefois en 2021 1,5 M$ pour en préparer la construction éventuelle.

Enfin, rien ne laisse penser que la Ville injectera plus d’argent pour compléter ou ajouter des infrastructures en matière de développement économique. Ce n’est que dans le budget de 2021, qu’on saura si elle en consacrera plus au bureau du commissaire industriel et à sa participation au financement du CLD de Pierre-De Saurel, via sa quote-part versée à la MRC. Donc pas d’ajout d’espaces ou d’infrastructures à cet égard via le PTI. Sommes-nous vraiment prêts et dispose-t-on vraiment de tous les atouts nécessaires pour attirer tous les investissements possibles?

Au chapitre des bâtiments, il est à noter que la Ville investira 290 000 $ pour mettre à niveau la salle Jani-Ber qu’elle a achetée en 2018. Une transaction de 600 000 $ que plusieurs questionnaient, notamment à cause de la façon dont elle s’est faite – incluant un don du vendeur à la Ville de 339 000 $. Donc d’un déboursé net de 261 000 $ dont 11 000 $ pour l’équipement.

Alors que la Ville souhaitait en confier la gestion à un organisme communautaire qui en gérerait la location – ces groupes y tenant souvent des activités – c’est finalement Statera qui en a reçu le mandat. Il serait intéressant, avant d’investir plus d’argent dans cet édifice, de savoir ce qui est advenu du don de charité. Qui l’a reçu et en a bénéficié? Qui en a émis le reçu? Et depuis son acquisition, à qui la salle Jani-Ber a-t-elle été louée, outre au CISSS de la Montérégie-Est qui y a reçu des gens pour évaluation grippale et dépistage de COVID-19 au printemps dernier? Voilà qui mettrait bien la table avant le dépôt du budget 2021 dans les semaines qui viennent.

C’est à ce moment aussi que l’on verra comment la COVID a affecté les dépenses municipales. On se rappelle que le conseil avait mis des employés à pied lors du confinement de mars dernier. Comme elle avait reporté de quelques mois les versements des taxes municipales.

Pour le moment, le PTI ne permet pas de percevoir un impact du ralentissement économique entrainé par la COVID. En sera-t-il de même pour le prochain budget et le compte de taxes qui en découle?

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