12 août 2020 - 15:16
Il veut devenir préposé aux bénéficiaires à l’aube de la cinquantaine
Par: Jean-Philippe Morin

Yanick Lefebvre a entrepris un changement drastique de carrière pour devenir préposé aux bénéficiaires. Photo Pascal Cournoyer | Les 2 Rives ©

Après avoir travaillé pendant 28 ans comme agent de sécurité sur des plateaux de tournage, puis quelques années comme livreur dans des galeries d’art et ouvrier dans une usine de Sorel-Tracy, Yanick Lefebvre a ressenti le besoin de changer de carrière. Au même moment, le gouvernement annonçait la formation en accéléré pour trouver 10 000 préposés aux bénéficiaires dans les CHSLD.

Le Sorelois a fait partie de la cinquantaine de personnes choisies pour suivre cette formation comprenant 120 heures de théorie et 255 heures de pratique. Entreprendre un changement de carrière à 48 ans n’est pas fait pour tout le monde, mais il s’en sentait prêt. La fermeture temporaire, en raison de la COVID-19, de l’usine où il travaillait a été le déclic nécessaire.

« Plusieurs de mes amis font ce métier et je leur disais toujours que je ne serais pas capable de faire ce qu’ils font. Finalement, j’ai réalisé que pendant 28 ans, c’est ce que je faisais, prendre soin des gens, comme agent de sécurité. Je m’occupais des acteurs, de tout le monde. Je suis le gars comique qui aime jaser, faire rire, détendre l’atmosphère. Je me suis donc dit que c’était peut-être fait pour moi [d’être préposé] », avance-t-il.

Un travail valorisant

La semaine du 20 juillet, Yanick Lefebvre effectuait ses premières journées « sur le plancher », au Centre d’hébergement Élisabeth-Lafrance, après quelques semaines en classe et en laboratoire. En raison d’un manque de préposés cette semaine-là, il a pu être impliqué dans l’action, pas seulement comme observateur.

« J’ai adoré ça dès le jour 1, même si c’était une journée rough, lance-t-il. J’aime profondément l’être humain. Nos personnes âgées sont souvent seules, alors que de les accompagner tous les jours, c’est gratifiant. Dans la classe, c’est moi le bouffon, et après une semaine, ils commencent déjà à me connaître sur mon aile! »

« Ce n’est pas juste une question de salaire, poursuit-il. Oui, il y a beaucoup d’avantages liés à l’emploi, mais si tu y vas pour le salaire, n’y va pas! »

Certains étudiants de la région, qui sont âgés de 18 à 50 ans, ont vécu tout un choc en mettant les pieds dans un CHSLD pour la première fois. « Moi, je ne travaillais pas en raison de la COVID, mais il y en a qui ont lâché leur autre emploi. C’est tout un contraste pour la plupart du monde avec leur ancienne job. Pour ma part, je vois tellement les bons côtés du travail que les mauvais, je n’en tiens pas compte. C’est tellement valorisant d’être au front. »

Sa formation se termine vers le milieu du mois de septembre. Yanick Lefebvre ne craint pas d’être mal reçu par les préposés déjà en place. « On ne prend pas la place des préposés, on se rajoute. On va aider pour les vacances, pour le travail en général. Dès la première semaine de stage, on a été très bien accueillis au Centre Élisabeth-Lafrance. »

Si seulement une poignée d’étudiants ont lâché le cours, la plupart seront prêts à commencer leur nouvelle vie professionnelle cet automne. « Les profs font un travail extraordinaire. Tout s’est fait très vite, donc elles ont eu l’information et les livres au compte-gouttes. Chaque fois qu’on a des questions, elles prennent le temps de nous aider », conclut-il, en remerciant les enseignantes Guylaine Ouellet, Chantal Desgagnés et Marie Langelier de leur aide.

image
image