20 novembre 2017
Il nie avoir provoqué la mort de son ami
Par: Sarah-Eve Charland
Frédéric Lefebvre est accusé de conduite dangereuse ayant causé la mort. |  © Sarah-Eve Charland

Frédéric Lefebvre est accusé de conduite dangereuse ayant causé la mort. | © Sarah-Eve Charland

Frédéric Lefebvre, 37 ans de Saint-Denis-sur-Richelieu, s’est défendu d’avoir causé la mort de son ami Sébastien Payment, de Saint-Aimé, en juillet 2015 lors d’un accident impliquant une voiture et un VTT.

Accusé de conduite dangereuse causant la mort, conduite avec les capacités affaiblies causant la mort et conduite avec plus de 80 mg causant un accident dont découle la mort, M. Lefebvre a subi son procès du 13 au 17 novembre au palais de justice de Sorel-Tracy.

Une quinzaine de témoins ont défilé devant la juge Julie-Maude Greffe. Les deux parties s’entendent pour dire qu’un VTT a été attaché à un véhicule utilitaire sport dans la nuit du 11 au 12 juillet 2015. Un accident, dont les circonstances demeurent inconnues, est survenu causant ainsi la mort de la victime, alors âgée de 26 ans.

Selon le témoignage de l’accusé, il a voulu aider son ami, trouvé en détresse sur le bord d’une route à Saint-Louis, près de Sainte-Victoire-de-Sorel. Ce dernier aurait eu un accident avec son VTT, ce qui expliquerait la raison pour laquelle le véhicule s’est retrouvé dans un fossé.

Après avoir tiré le VTT attaché à la voiture par une corde, il a tracté le VTT sur une certaine distance avant d’entendre un bruit sourd. « Je suis convaincu que Sébastien n’était pas sur le VTT », assure l’accusé lors de son témoignage.

Il aurait découvert son ami dans un fossé et de nombreux débris de VTT. Il aurait tenté de le réanimer en vain.

Un témoignage crédible selon la défense

« La seule chose à décider est la crédibilité de l’accusé. […] La victime est montée sur le VTT à l’insu de M. Lefebvre. On ne peut pas expliquer les circonstances exactes de l’accident. Il n’y a aucune causalité entre les capacités affaiblies et l’accident », a plaidé l’avocat de la défense, Gilles Daudelin.

M. Lefebvre a allumé les phares de détresse sur son véhicule et a roulé à basse vitesse, toujours selon ses propos. « Est-ce qu’il y avait un degré d’insouciance? Je ne crois pas. »

Ce dernier reconnait que son client était en état d’ébriété lors des événements. Il croit que M. Lefebvre doit être reconnu coupable pour avoir conduit avec les capacités affaiblies sans le lien de causalité avec le décès de la victime.

Un témoignage invraisemblable selon la Couronne

La procureure de la Couronne, Geneviève Beaudin, a soutenu que les propos de l’accusé tenus lors de son témoignage étaient flous et aucunement crédibles.

« Est-ce qu’une personne raisonnable aurait pris la décision de tirer un VTT, sans s’assurer de sa stabilité, sur cette longueur? Non, surtout pas en état d’ébriété. […] Les experts reconnaissent que la cause du décès découle d’un accident violent. Sans la conduite de M. Lefebvre, il n’y aurait pas eu d’accident », a argumenté Me Beaudin.

Elle a aussi tenté de convaincre le tribunal que la victime se retrouvait sur le VTT au moment de l’accident.

La juge rendra son jugement le 20 février.

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