15 octobre 2015
Il faut exiger que la traverse ait le statut de service essentiel
Par: Louise Grégoire-Racicot
La directrice générale du Cégep de Sorel-Tracy, Fabienne Desroches, membre du conseil d’administration de la Société des Traversiers du Québec, incite les élus à communiquer avec la Commission des relations du travail | Photo: TC Média – Pascal Cournoyer

La directrice générale du Cégep de Sorel-Tracy, Fabienne Desroches, membre du conseil d’administration de la Société des Traversiers du Québec, incite les élus à communiquer avec la Commission des relations du travail | Photo: TC Média – Pascal Cournoyer

Il n’est pas normal que les travailleurs soient privés de la traverse et doivent faire quatre heures de route de plus pour se rendre au travail, clament le maire de Sorel-Tracy, Serge Péloquin et une membre du conseil d’administration de la Société des Traversiers du Québec, Fabienne Desroches.

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Mme Desroches est formelle : « il faut absolument qu’élus et utilisateurs prennent la peine d’écrire au président de la Commission des relations du travail, Robert Côté, pour réclamer que le traversier devienne ici un service essentiel », insiste-t-elle.

Il faut surtout évoquer que c’est pour des raisons de sécurité que cela devrait être fait, suggère-t-elle. Et rappeler où est situé Sorel-Tracy, à une heure de Montréal et à une heure de Trois-Rivières.

« Car on voit des gens avec leur petite embarcation, servir de taxis à des travailleurs qui ne veulent pas le faire le tour par Montréal ou Trois-Rivières pour aller travailler. Ce qui n’est pas sécuritaire. »

Des élus commentent

Quant au maire Serge Péloquin, il abonde dans le même sens. Il compte bien jumeler ses efforts avec d’autres pour amener la Commission des relations de travail du Québec à voir les choses autrement.

La région vit des impacts importants, dit-il. « Les travailleurs et étudiants qui utilisent quotidiennement la traverse doivent changer leurs horaires, partir plus tôt que d’habitude pour aller d’une rive à l’autre. Cela bouscule leur vie de famille, mais aussi l’organisation du travail dans les entreprises et l’hôpital, sans compter la perte de ventes occasionnée à nos marchands de la ville », poursuit-il.

« La règle des services essentiels parle d’assurer la santé et la sécurité des gens. Nous on parle aussi des droits des travailleurs de se rendre au travail. On voit actuellement plusieurs usagers de la traverse emprunter leur chaloupe sur le fleuve pour se rendre au travail. Ce qui est dangereux. »

Ce pour quoi il plaidera qu’au moins aux heures de pointe, cette traverse soit considérée comme un service essentiel. « On n’est pas à Québec où les ponts sont à quelques kilomètres de la traverse. Aux heures de pointe, 543 véhicules qui transportent quelque 3000 personnes par jour empruntent la traverse. Ce n’est pas rien! »

Il se garde bien de vouloir intervenir dans ce conflit. Les travailleurs ont le droit de négocier et cette grève est légale. « Mais nous souhaitons que la solution au conflit arrive vite. » Ensuite, dit-il, la Ville fera ce qu’il faut pour que le statut de la traverse en soit un de service essentiel.

Le maire de Saint-Ignace-de-Loyola, Jean-Luc Barthe, déplore la grève qui signifie l’arrêt des services. « Ça touche les travailleurs des compagnies qui font affaire sur les rives nord et sud », met-il en lumière, se ralliant du même souffle à ses collègues pour que le traversier devienne un service essentiel. « Ça joue sur les nerfs », évoque M. Barthe en faisant allusion au coût que l’important détour (pont de Trois-Rivières ou tunnel Hippolyte-Lafontaine) représente pour les usagers de la traverse. Cela s’ajoute à la hausse de tarifs qui leur a été imposée au cours des derniers mois.

Le député de Richelieu, Sylvain Rochon, est aussi d’accord. « Cette grève est légale, mais est-il normal que ce service ne soit pas assujetti à la Loi sur les services essentiels? L’entente sur les services essentiels ratifiée par la Commission des relations du travail mérite d’être révisée », clame-t-il.

Avec la collaboration de Pierre Bellemare.

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