31 mai 2020
Son fils décède d’un cancer rare à l’âge de 6 ans
« Il faut accepter l’inacceptable » – Élizabeth Handfield
Par: Jean-Philippe Morin

Philippe Bouchard et Élizabeth Handfield ont tenu la main de leur fils Alex jusqu’à la toute fin. Photo gracieuseté/Fondation Rêves d’enfants

Comment peut-on surmonter la mort de son fils de 6 ans? « On apprend à vivre avec le vide, on apprivoise ça. Il faut accepter l’inacceptable, mais jamais je ne ferai mon deuil. Alex était le centre de notre vie. »

Publicité
Activer le son

Tels sont les mots choisis par Élizabeth Handfield, la mère d’Alex Bouchard-Handfield, décédé le 24 mai dernier d’un cancer rare à l’âge de 6 ans. C’est avec une résilience déconcertante que la Contrecœuroise a accepté de livrer un dernier hommage à son fils, dans nos pages.

« On a adopté Alex en Colombie, il avait 20 mois. Alex était extraordinaire. Il avait une vive intelligence. Tout l’intéressait; il avait une curiosité sans bornes. À Noël, il a demandé des voitures de Nascar et des kits de science! Il était aussi intellectuel que manuel », témoigne Mme Handfield.

Une maladie rare

Alex était atteint du rhabdomyosarcome, une tumeur maligne qui prend naissance dans les cellules musculaires. Il a reçu un premier diagnostic le 31 août 2018. « C’était jour de rentrée scolaire, mais pour lui, c’était la rentrée à Sainte-Justine », indique la mère.

Le jeune homme a ensuite suivi des traitements en continu jusqu’au 12 juillet 2019, alors que les parents ont appris une terrible nouvelle : la tumeur était revenue.

« C’était la journée de sa fête. Nous, on s’attendait à ce que ce soit la fin des traitements, un simple dernier examen à passer. Il n’avait pratiquement pas eu d’effets secondaires en un an et il gardait quand même une grande forme, ce qui nous permettait de faire des activités. […] On était démolis [d’apprendre la récidive], il n’y a pas de mots. On n’avait aucun signe qui laissait présager ça. »

Le 12 juillet est d’ailleurs la journée de son anniversaire. La même journée que la terrible nouvelle est tombée. « Quand ton fils fête ses 6 ans, tu ne peux pas dire : « on remet tout ça parce qu’on a le motton« . On voulait lui permettre d’avoir une belle fête d’anniversaire. La famille de mon conjoint vient du Saguenay, ils étaient en route pour venir passer la fin de semaine », raconte-t-elle.

En janvier et février 2019, Alex et ses parents se sont rendus en Pennsylvannie au Children’s Hospital Oncology of Philadelphia afin de bénéficier de protonthérapie, un traitement moins invasif pour les enfants qui n’est pas offert au Québec. Il répondait encore une fois bien aux traitements de chimiothérapie jusqu’en février dernier.

« C’est en février 2020 qu’on a su qu’il y avait une deuxième récidive. Après la première récidive, on avait toujours espoir puisque ça allait quand même bien. Mais lors du dernier traitement du protocole, les cellules avaient encore muté. La masse était encore revenue et où elle était située, [les médecins] ne pouvaient plus l’opérer. Et la chimiothérapie, c’était pour lui donner plus de temps de qualité, ce n’était plus curatif », se désole la mère.

Alex réussissait tout de même à réaliser plusieurs activités jusqu’à la dernière semaine de sa vie, pendant laquelle les symptômes se sont intensifiés. « On lui a alors dit : « tu sais, c’est difficile, tu t’es bien battu. Si c’est trop difficile, tu peux t’envoler ». »

Une vie remplie

Même s’il n’a vécu qu’un peu plus de six ans, Alex Bouchard-Handfield a eu une courte vie plutôt remplie, témoigne sa mère.

Comme plusieurs garçons de son âge, il adorait les voitures. Il était dans le bon environnement puisque la famille possédait le garage Pierre Handfield, à Contrecœur. Cet amour pour les automobiles l’a amené à visiter, avec le populaire pilote Bertrand Godin, le Salon de l’auto VIP, même s’il était fermé au public.

Bertrand Godin l’a ensuite mis en contact avec Raphaël Lessard, un pilote de Nascar dans l’équipe de Kyle Busch. « Il a vécu plein de choses extraordinaires, il a pu vivre beaucoup de rêves avant de partir », souligne Élizabeth Handfield.

Parmi ceux-ci, il a pu effectuer une croisière de Walt Disney dans les Caraïbes en novembre dernier, puis quelques semaines plus tard, en décembre, il s’est envolé avec le Père Noël grâce à la compagnie Air Transat. Deux initiatives de la Fondation Rêves d’enfants.

« Je tiens d’ailleurs à remercier la Fondation qui a permis à Alex de vivre ses rêves avant de partir. Un gros merci à Leucan qui nous a vraiment aidés, Philippe [Bouchard, son conjoint] et moi là-dedans. Je dois souligner le professionnalisme des gens du département de l’oncologie du CHU Sainte-Justine », conclut Élizabeth Handfield, avec émotion.

En raison de la situation actuelle, les funérailles auront lieu à l’église Ste-Trinité de Contrecœur à une date ultérieure.

image