21 avril 2020
Idées éparses
Par: Louise Grégoire-Racicot

Forte d'une expérience de plus de 40 ans dans les médias, dont 37 au journal Les 2 Rives, Louise Grégoire-Racicot écrit une chronique hebdomadaire à propos de sujets régionaux.

Dimanche a été propice à la montée d’idées éparpillées nourries à la COVID-19.

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Difficile de savoir quel rythme de déconfinement sera le meilleur. Une petite dose à la fois m’apparait plus sage. Plus prudent!

Mais comment accepter sans réticence que les enfants, leurs parents, enseignants et éducateurs soient des proies possibles de la COVID-19, pour que les risques que j’en sois atteinte diminuent d’autant? C’est un fort prix à payer, non?

Quel drame y aurait-il à retarder diplomation et calendriers scolaires de quelques mois au profit d’une santé collective mieux protégée?

Oui, ces décisions ont des coûts économiques importants. Mais doivent-ils être les premiers critères les guidant? Qui tranchera donc? Le PM? Son conseil des ministres? Ou l’ensemble des députés représentant la diversité de nos choix politiques, comme je le souhaiterais? Dans tous les cas, il sera essentiel qu’on en connaisse tous les tenants et aboutissants. Question de transparence!

Et devrons-nous porter le masque ou pas? Oui, les scientifiques devront nous guider, eux qui jonglent avec toutes les hypothèses et projections possibles articulées devant ce virus inédit. Et nous nous devrons de les écouter, même s’ils recommandent, dès qu’il sera approuvé, un vaccin pour tous! Question de solidarité!

Chose certaine, je me sens privilégiée de demeurer à la maison, et non en résidence pour aînés, avec mon mari des 50 dernières années, lui, intact et en bonne santé, moi moins autonome, mais toujours lucide et curieuse. Cette crise incite fortement à réviser la meilleure façon de prendre soin de ceux qui exigent des soins quotidiens de tout acabit. Question d’humanité!

Dans tous les cas, faire l’unanimité sera impossible. Les décisions ultimes plairont à certains et déplairont à d’autres. Voilà qui ne changera pas. Question de lucidité!

Se raconter

Quelle belle proposition a fait Janette Bertrand aux aînés, de profiter du confinement, pour raconter l’histoire de leur vie.

De se rappeler les lieux, les événements et les personnes qui les ont façonnés. Parfois de belle façon. Parfois douloureusement. Histoire d’apprendre à leurs enfants et petits-enfants d’où ils viennent.

Car nous sommes, les 70 ans et plus, d’une génération autre qui a notamment connu l’avènement de la télé, des ordis et de l’Internet. L’explosion des connaissances – scientifiques et autres. L’éclatement de la pratique religieuse, des mariages et des familles. L’ouverture des esprits et des frontières.

Mais aussi, malheureusement, la montée des inégalités, la glorification de la jeunesse et de ses atouts, la compétition à outrance, la quête d’excellence et de croissance à tout prix.

Oui, cela nous a marqués. L’écrire peut encore nous aider à vraiment comprendre comment cela a conditionné nos choix, cultivé nos amours et nos haines, bâti nos convictions et engagements, décortiqué nos bons coups et nos ratés.

Pas qu’il faille soumettre le bilan de nos vies. Mais simplement partager réflexions et expériences sur la vie courante et aider à mieux maîtriser le temps présent. Et ainsi donner aux suivants des pistes facilitant leur choix, car je crois que quelque part, l’expérience des autres peut parfois nous servir.

Il y a plusieurs années, un de mes fils m’avait proposé une telle démarche destinée, disait-il, à interpeler ses propres filles. Je m’y mets humblement – comme des gens que je connais – curieuse surtout de connaitre les faits et gestes que ma mémoire, mes émotions et mon cœur me révéleront d’inédit, ajoutant ainsi un sens aux joies et difficultés rencontrées.

Restera ensuite à décider ce que j’en ferai!

Mon baume de la semaine

Cette phrase de Stéphane Laporte : « On est tous le vieux de quelqu’un ». Oui, et ce, à tout âge!

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