5 mars 2019
Hier et demain
Par: Louise Grégoire-Racicot

Forte d'une expérience de plus de 40 ans dans les médias, dont 37 au journal Les 2 Rives, Louise Grégoire-Racicot écrit une chronique hebdomadaire à propos de sujets régionaux.

Deux femmes inoubliables. Début des années 80 naissait, sans subvention, à Sorel-Tracy, une modeste Maison des femmes. « Ressources et actions des femmes » occupait un 2e étage, boulevard Fiset. Une maison des femmes à l’état pur qui bouillonnait de bonne volonté de ses initiatrices à la tête desquelles se trouvait Clémence Lambert, ex-résidente de la région.

Ses membres y ont trouvé où partager et comprendre leur réalité quotidienne, découvrant qu’elles étaient loin d’être seules à être confrontées à des situations complexes! Elles y ont découvert à la fois le plaisir, les leçons et surtout la force que peut générer une solidarité à instaurer. Elles ont appris comment lutter contre des stéréotypes les concernant et devenir à leur tour partie prenante d’une société égalitaire à bâtir.

Elles en ont mis des heures et des démarches qui leur ont permis d’avancer, de se reconstruire et de s’épanouir, entrainant avec elles des centaines de semblables en quête d’autonomie, de croissance personnelle et sociale.

Elles ont pendant des années aussi vécu des rendez-vous du 8 mars stimulants où elles ont pris la parole, ri ensemble, reconnu celles qui leur ont ouvert la voie et pris progressivement leur place dans la vie publique soreloise et régionale. Ce furent souvent des soirées mémorables qu’une de leurs forces vives, Nicole L. Bergeron, savait alimenter de sa détermination, de son amour attentif aux autres, de son goût du spectacle et de son entrain proverbial, tant que sa santé lui a permis de le faire. Nicole, décédée depuis, a d’ailleurs marqué plusieurs des femmes qui ont croisé sa route. Elle les a amenées à ouvrir leur propre voie, à relever les défis que leur posait leur propre destin. À apprivoiser aussi la réussite sous toutes ses formes.

Voilà deux femmes pour lesquelles il faut notamment avoir une pensée reconnaissante en ce 8 mars désormais plus discret ici. Car elles ont été des modèles de conviction et d’engagement. Des leaders respectueuses du rythme de chacune. Elles ont ainsi modelé à leur façon notre apport, comme femmes, à la qualité de notre milieu!

Surveiller les 4 ans à la loupe

La Commission scolaire de Sorel-Tracy n’ajoutera pas de classes maternelle 4 ans aux deux déjà ouvertes, aux écoles Martel et Maria-Goretti. Elle ne perçoit pas de besoins additionnels. Les parents ne demandent rien.

Mais cela ne la dispense pas pour autant de repérer les 4 ans en besoin. Pour atteindre à la réussite scolaire, elle doit s’assurer que le plus grand nombre puisse déjà croiser des adultes qui sauront vraiment dépister, le plus tôt possible, leurs difficultés de comportement et d’apprentissage. Et ce, peu importe où ils sont.

C’est une condition sine qua non et urgente d’éviter de sacrifier cette autre génération d’élèves au nom de l’équilibre budgétaire!

Un premier pas pour l’école alternative?

La Commission scolaire de Sorel-Tracy a autorisé, dès l’automne 2020, l’ouverture d’un volet alternatif, soit l’inscription de jeunes enfants dans une classe où la pédagogie serait différente de l’actuelle.

Le hic, c’est qu’il reviendra au comité promoteur d’une telle école de dénicher à la fois un local libre pour la dispense des cours et le transport des élèves.

Comme la Commission scolaire de Sorel-Tracy ne veut pas non plus débourser un sou, le comité devra également assurer le financement du projet.

Oui, le projet est dit public, mais il relève pour le moment du privé! Son avenir repose donc sur les épaules du comité. Comme si une commission scolaire ne pouvait aussi elle-même contribuer à explorer de nouvelles avenues pédagogiques au nom de la réussite scolaire et l’école mieux adaptée aux besoin de certains élèves!

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