23 juin 2015
Fusion de quatre municipalités : refus catégorique de Saint-Aimé
Par: Louise Grégoire-Racicot
Ce coin de la région est traversé par la rivière Yamaska. | Photo: Gracieuseté/Normand Pétrin

Ce coin de la région est traversé par la rivière Yamaska. | Photo: Gracieuseté/Normand Pétrin

Les conseils municipaux de Massueville, Saint-Louis et Saint Marcel demandent au ministre des Affaires municipales de procéder à une étude sur le pour et le contre d’un regroupement municipal de leurs municipalités et celle de Saint-Aimé. Le conseil de cette dernière refuse d’emboiter le pas à cette demande.

Les trois conseils ont adopté des résolutions unanimes le 6 juin. Celui de Saint-Aimé a plutôt été unanime à dire qu’il n’a aucun intérêt à faire cette démarche.

« Notre situation financière et politique est saine et doit demeurer ainsi », dit sa mairesse Maria Libert. « Le taux de taxes est un des plus bas dans la MRC de Pierre-De Saurel et notre rôle d’évaluation s’est apprécié à 95M$. »

Pour elle, cette invitation n’a jamais été officielle. « Nous avions reçu un courriel. Par la suite, le maire de Saint-Louis a téléphoné à chacun de mes conseillers pour les convaincre…sans succès. »

Elle déplore surtout que les trois maires aient diffusé le contenu d’une résolution adoptée le 6 juin par leurs conseils respectifs concernant cette demande. « Ils ont omis de préciser que Saint-Aimé avait déjà refusé, le 1er juin, d’adopter le projet de résolution demandant cette étude », poursuit-elle.

C’est donc en pleine connaissance de la position du conseil de Saint-Aimé qu’ils ont diffusé leur demande d’étude incluant la municipalité, « ce à quoi nous continuerons de nous opposer », conclut-elle.

Même si les élus subissent ce qu’elle qualifie de « pressions déplorables » des municipalités concernées, ils ne participeront à aucune rencontre conjointe relative à ce dossier.

Une décision qui appartient aux citoyens

Pour le maire Denis Marion, de Massueville, une fois l’étude faite, il appartiendra aux citoyens de décider de la suite à lui donner.

Il rappelle que ces municipalités voisines travaillent ensemble depuis des années, participant à la même Régie d’aqueduc, ayant la même ressource en loisir et sont, sauf Saint-Marcel, dans la même Régie de protection incendie.

Québec continue de déléguer des responsabilités aux municipalités mais les questions restent les mêmes, affirme-t-il. « Comment réussir à offrir des services, à développer nos territoires et à s’occuper des gens qui y vivent quand les ressources financières sont constamment réduites et que les coûts augmentent sans arrêt? »

L’idée vient des municipalités de Saint-Louis et de Saint-Marcel. « Comme petites municipalités, nous avons intérêt à y penser dès maintenant », dit M. Marion.

Quel avenir?

« Les défis sont grands pour les petites municipalités. Nous sommes responsables de ce qui arrivera dans les 10 prochaines années. La pression sur les contribuables n’ira pas en diminuant », avance Réjean Bernier, le maire de Saint-Marcel qui a initié le projet.

Il y aurait des économies d’échelle à réaliser, pressent-il. Ces municipalités, qui desservent en tout 2000 personnes, ont quatre conseils municipaux de sept membres chacun. « Nos réalités se ressemblent. On réunirait aussi quatre municipalités toutes issues de la seigneurie de Massue! »

L’étude est un outil pour voir plus clair, renchérit Stéphane Bernier, maire de Saint-Louis (fils de Réjean). « On ne décide rien nous-mêmes. Mais on se doit d’explorer des avenues. Nos citoyens, qui se connaissent bien, diront dans quelle direction aller. »

Tout comme son père, Stéphane Bernier dit ne pas comprendre la décision de Saint-Aimé de refuser une étude qui n’engage à rien, mais qui pourrait déterminer l’avenir de ce secteur.

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