12 février 2021
Ferme Emyar : quand un rêve devient réalité
Par: Jean-Philippe Morin

Yan Bussières, Marie-Pier Bibeau et leurs enfants sont heureux de vivre sur une ferme. Photo Pascal Cournoyer | Les 2 Rives ©

Yan Bussières a toujours rêvé d’avoir une ferme laitière. Sa conjointe Marie-Pier Bibeau l’a encouragée à poursuivre dans cette voie et ensemble, ils ont foncé dans ce qu’ils considèrent le « projet d’une vie ».

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C’est en juin 2018 que les amoureux ont décidé d’acheter un lopin de terre à Saint-Robert et de rénover la grange qui s’y trouvait pour lancer le projet. La Ferme Emyar était ainsi née. En juin 2020, Marie-Pier Bibeau a même décidé de fermer sa garderie familiale qu’elle tenait depuis sept ans afin de se lancer avec son conjoint à temps plein.

« Au début, j’aidais Yan comme je le pouvais même si on était 50-50 dans le projet, mais j’avais ma garderie aussi. Je faisais quand même le train à 4 h du matin. Puis avec la COVID, la garderie a fermé pendant quelques semaines, alors on s’est dit que c’était le moment que j’embarque à temps plein. J’ai fermé ma garderie pour de bon, puis on a commencé l’aventure d’une vie, le rêve d’une vie! », indique Marie-Pier Bibeau.

Ils sont rares les nouveaux agriculteurs qui se lancent tête première dans un tel projet, surtout dans une ferme laitière.

« Plus petit, je travaillais sur des fermes, souligne Yan Bussières. J’ai toujours aimé ça et je me disais qu’un jour, c’est ce que je voulais faire, travailler avec des vaches et faire du lait. J’ai travaillé à différents endroits, mais ce n’est pas ce que je cherchais. Finalement, on a concrétisé un rêve en 2018. »

Le défi était tout de même grand, mais grâce à l’aide financière de Richard Villeneuve ainsi que du soutien de l’UPA Richelieu-Yamaska et du commissaire agricole de Sorel-Tracy, le couple a décidé de foncer.

Une grande aide est aussi arrivée des propriétaires de la Ferme Prescott, soit Yvon, Richard et Jean-Guy Daigle. « Ce sont eux qui nous ont permis de démarrer notre projet en nous vendant une partie de leur lot. Sans eux, rien de tout ça n’aurait été possible, puisque le coût des terres est très élevé pour démarrer une entreprise agricole », avance M. Bussières.

En mars 2020, la Ferme Emyar a bénéficié d’une bourse de 5000 $ afin d’encourager la relève agricole. « C’était apprécié, mais on ne l’a pas vue passer, ricane Yan Bussières. On l’a investie dans les infrastructures, mais si on comptabilise tous nos investissements, ça monte à 1,2 M$. Mais c’est clair que ça nous donne une belle tape dans le dos pour continuer. »

Des projets d’expansion

Même si la ferme n’a pas encore fêté son troisième anniversaire, Yan Bussières et Marie-Pier Bibeau visent haut au cours des prochaines années.

Aujourd’hui, leur troupeau compte une cinquantaine de têtes. Leur quota de matières grasses est de 40 kg par jour.

« Les affaires vont bien. Les deux premières années, ça n’a pas toujours été facile, mais on sent que ça progresse très bien. On vise entre 45 et 50 kg de matières grasses par jour et un agrandissement de la grange pour faire rentrer plus de bêtes. Actuellement, la grange est pleine! », avance M. Bussières.

L’agriculteur a d’ailleurs un conseil à fournir à des jeunes qui aimeraient peut-être se lancer mais qui hésitent à le faire.

« Go, go, go! Oui ça prend du courage, mais il faut se dire : on le fait. Si c’est ta passion, ça ne te dérangera pas de te lever comme moi à 4 h 10 tous les matins, sept jours sur sept. L’avantage, c’est qu’à 17 h 30, tu es à la maison avec les enfants », conclut-il en riant.

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