3 mai 2019
Xavier Barsalou-Duval et le Syndicat des Métallos déplorent cette décision
Le fédéral renonce aux mesures de sauvegarde sur cinq produits de l’acier
Par: Raphaëlle Ritchot

En octobre 2018, des mesures de sauvegarde provisoires avaient été prises pour protéger sept produits de l’acier au Canada menacés par le dumping. Photo gracieuseté

Le député de Pierre-Boucher—Les Patriotes— Verchères Xavier Barsalou-Duval et le Syndicat des Métallos déplorent la décision du ministre des Finances, Bill Morneau, de renoncer aux mesures de sauvegarde pour cinq produits de l’acier menacés par le dumping, ce qui pourrait mettre en danger des emplois chez ArcelorMittal à Contrecœur.

« Des milliers d’emplois sont menacés en raison de l’échec du gouvernement fédéral à reconduire les mesures de sauvegarde. Le dumping massif menace les travailleurs et l’industrie de l’acier dans tout le pays », s’est insurgé le directeur canadien du Syndicat des Métallos, Ken Neumann.

Rappelons qu’en octobre 2018, des mesures de sauvegarde provisoires avaient été prises pour protéger sept produits de l’acier au Canada menacés par le dumping. Cependant, le gouvernement fédéral a annoncé le vendredi 26 avril qu’il renonçait à recourir à des mesures de sauvegarde pour cinq des sept produits, soit le fil machine, les barres d’armature de construction, les tubes, l’acier prépeint, et l’acier laminé à chaud.

Le choix du ministre risque donc d’avoir un impact majeur, notamment à Contrecœur où l’aciériste ArcelorMittal emploie 1200 travailleurs. Les barres d’armature pour béton et le fil machine sont deux productions des installations de Contrecœur-Est et Ouest qui verront les mesures de sauvegarde les concernant être retirées à la suite à la décision du ministre Morneau.

« Les mesures de sauvegarde permettaient de protéger notre industrie en présence d’un afflux d’acier étranger. L’acier produit ici permet de fournir de bons emplois à nombre de familles de la région. Les libéraux ont préféré faire fi de la nécessité de protéger ces emplois au nom d’une idéologie du tout au marché », a souligné le député Xavier Barsalou-Duval.

Des consultations

De son côté, Ottawa a aussi annoncé le vendredi 26 avril une période de consultation de 30 jours auprès des producteurs d’acier et des travailleurs « afin de déterminer quelles mesures de protection additionnelles sont nécessaires ».

« Notre gouvernement est prêt à utiliser tous les recours juridiques dont il dispose pour protéger notre industrie contre les pratiques commerciales déloyales et les abus de notre système de recours commerciaux », a déclaré par voie de communiqué le ministre des Finances, Bill Morneau.

Le Syndicat des Métallos a mentionné qu’il participera au processus de consultation du gouvernement libéral, même s’il croit que c’est trop peu, trop tard.

« La meilleure façon de protéger l’industrie et les travailleurs aurait été de maintenir les mesures de sauvegarde », a lancé Ken Neumann.

Avec la non-reconduction des mesures actuelles, l’industrie de l’acier estime les conséquences à 1,5 G$ en pertes de ventes, soit 30 % de ses revenus totaux.

Les Métallos et Xavier Barsalou-Duval notent également que la décision du gouvernement Trudeau sur l’acier pourrait miner les espoirs de voir lever les tarifs américains controversés sur l’acier et l’aluminium en provenance du Canada.

« On s’expose à un déferlement massif d’acier étranger qui pourrait avoir un impact dévastateur sur nos emplois. Rien pour convaincre les Américains que le Canada n’est pas une passoire pour l’acier étranger. C’est l’argument numéro un de l’administration Trump pour imposer des tarifs sur notre acier », martèle le porte-parole du Bloc Québécois en matière de développement économique.

Le Syndicat des Métallos presse donc le gouvernement Trudeau de réviser sa position afin de protéger les travailleurs de l’acier du Canada.

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