22 octobre 2019
Faut s’parler!
Par: Louise Grégoire-Racicot

Forte d'une expérience de plus de 40 ans dans les médias, dont 37 au journal Les 2 Rives, Louise Grégoire-Racicot écrit une chronique hebdomadaire à propos de sujets régionaux.

À la suite des divergences profondes qui ont éclaté au grand jour quant à la place qu’occupent la MRC de Pierre-de Saurel et sa ville-centre Sorel-Tracy, les élus ont fort à faire pour rétablir un respect mutuel essentiel pour stimuler une riche vie régionale.

L’Institut de la gouvernance des organisations publiques et privées (IGOPP) a d’ailleurs déposé un rapport d’une quarantaine de pages portant un diagnostic explicite sur ses façons de faire et des recommandations visant à les améliorer.

La MRC a des forces, y lit-on : le travail professionnel et fort proactif du DG; des outils administratifs de hauts standards; de nombreux bons coups dont la gestion des équipements, services et activités à caractère supralocal, le parc éolien et des ententes diverses inter-MRC.

Mais les élus ont encore des croutes à manger, peut-on conclure de ce rapport que la MRC a eu la transparence de mettre en ligne, quatre mois après son dépôt.

Oui, le délai peut sembler long, mais on peut comprendre que bien des élus avaient à digérer les propositions qu’on y avance dont plusieurs ont dû plaire à certains et moins à d’autres.

Ces 27 recommandations appellent à la réflexion et à la discussion en vue d’établir des consensus sur les façons de partager responsabilités et frais. De bien cerner par exemple le rôle réservé à la ville-centre dans le développement économique. De trouver, en culture, une formule qui conviendra à tous sans oublier de considérer les impacts du retrait d’une municipalité (perte de subventions régionales) pour la région.

Ce pourquoi l’intervention publique du préfet, le 9 octobre dernier, réagissant à la sortie du conseil sorelois, fut largement bénéfique. Non seulement a-t-il révélé les sommes contribuées à la vie régionale par les milieux urbain et rural et au fonctionnement de la MRC, mais il a spécifié les étapes précédant les décisions contestées par Sorel-Tracy. On a maintenant les deux côtés de la médaille pour mieux évaluer la situation.

Cependant, cela n’explique sûrement pas l’appui spontané des municipalités de Saint-Ours et de Saint-Roch-de-Richelieu à la ville-centre. C’est à n’y rien comprendre.

Décidément, les élus ont du pain sur la planche s’ils désirent donner suite au rapport et revoir en bonne et due forme ce qui nuit à une saine et plus transparente gouvernance. Ce qu’attendent d’eux tous leurs administrés, quoi!

Les rivalités vécues à la MRC de Pierre-De Saurel ne sont pas différentes de celles où la ville-centre a un poids relatif important par rapport aux autres municipalités qui la composent. Mais toujours, lit-on dans le rapport, les élus doivent se rappeler qu’à cette table, ils coiffent le chapeau d’un conseiller régional. Pas celui de maire d’une municipalité.

Ce qu’hélas certains oublient trop souvent. Un élément qui a depuis toujours alimenté des tensions régionales. Non, le temps n’a pas arrangé les choses!

Qui pourrait les aider à rebâtir la confiance? Une meilleure compréhension des enjeux de l’autre?

Ils devront certes se pencher sur les relations qu’ils entretiennent, définir la place qu’ils veulent et/ou accordent aux autres, les objectifs qu’ils poursuivent.

Cela demande de la bonne volonté, de l’honnêteté intellectuelle, du jugement et des communications interpersonnelles saines. Ne pas retenir du rapport de l’IGOPP que ce qui fait son affaire ou rappeler les chiffres qui nous avantagent. Mais plutôt regarder la situation dans son ensemble, en toute conscience, oubliant son ego, cherchant à communiquer franchement et directement, sans téléphone arabe ou repas privé au resto. Des éléments essentiels pour instaurer un climat favorable au travail d’une équipe ressoudée.

La préparation du prochain budget à déposer à la mi-novembre permettra sûrement de voir si ce rapprochement indispensable est amorcé.

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