13 avril 2021
Faire vite et bien
Par: Louise Grégoire-Racicot

Forte d'une expérience de plus de 40 ans dans les médias, dont 37 au journal Les 2 Rives, Louise Grégoire-Racicot écrit une chronique hebdomadaire à propos de sujets régionaux.

La MRC de Pierre-De Saurel avait vu juste quand, en 2010, elle a travaillé à fournir un accès Internet haute vitesse dans ses municipalités non desservies, donnant ainsi naissance à la deuxième coop québécoise de service Internet. Mais tout n’est pas fini.

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Ce fut un grand pas en avant pour les résidents ruraux et leurs familles membres qui pouvaient désormais faire des affaires, poursuivre des études, etc. à la maison.

Très tôt, la MRC avait été alertée par des gens d’affaires ruraux de l’importance de doter la région d’un réseau Internet adéquat et sécuritaire. Elle y voyait là une question d’égalité, d’économie, de coopération et de mieux-être social.

Avant-gardiste, elle avait déjà adhéré au programme « Municipalités rurales branchées » et était arrivée à desservir, grâce à la fibre optique, écoles, bureaux et bibliothèques municipaux. Dès 2010, elle a autorisé la coop à utiliser ce réseau pour desservir ses membres. Un service constamment amélioré et de plus en plus rapide à la longue.

Mais tout n’est pas encore parfait. Un reportage publié la semaine dernière dans Les 2 Rives rapportait que des foyers n’ont pas encore accès à ce service pourtant considéré comme essentiel aujourd’hui. Et ce, malgré le fait qu’au cours des dix dernières années, des petits fournisseurs privés – autres que Bell et Vidéotron – aient été appelés en renfort pour répondre à cette demande.

Il appartient donc aux élus de la région de continuer à pousser pour corriger définitivement cette situation. Non seulement connaissent-ils les besoins de leur population actuelle, veulent-ils retenir jeunes et entrepreneurs chez eux et assurer la vitalisation de la vie commerciale, mais ils savent fort bien qu’il est impensable d’attirer de nouveaux résidents s’ils ne peuvent les assurer de pouvoir communiquer par Internet haute vitesse. Chaque municipalité peut y gagner.

Car cela vaut tant pour les travailleurs à distance que pour les étudiants qui ne peuvent recevoir leurs cours en classe. Et pour la population de tout âge qui y trouve désormais – la pandémie l’a confirmé – accès à des soins de santé ainsi qu’à des loisirs culturels et de détente diversifiés.

Ainsi, une partie du dynamisme de la région et son aptitude à se renouveler dépendent d’un tel service qui lui permet aussi de communiquer qui elle est, ce qu’elle a à offrir, ce qu’elle recherche comme partenariats. Plus elle le fera, mieux elle s’inscrira dans l’univers d’Internet, y fera sa promotion puis sa place au soleil.

D’où l’importance pour la région de décrocher une partie des subventions de 79,7 M$ attribuées à la Montérégie par les gouvernements du Québec et fédéral d’ici 2022 pour accélérer le branchement de 15 000 foyers à un réseau rapide et sécuritaire. À des prix qu’on espère abordables. La région ne peut que gagner en attrait à investir des efforts importants en ce sens.

Les promoteurs ont à peu près 12 mois pour déposer leurs projets. Les élus doivent en susciter, les étudier et les appuyer fortement quand ils sont pertinents. Puis faciliter leur dépôt le plus rapidement possible. Car même si on ne sait si les premiers arrivés seront les premiers servis, il faut viser déposer ceux de Pierre-De Saurel bien avant la date finale, au cas où. Car la région ne peut se permettre de passer à côté d’une telle opportunité. Toutes les régions sont convoquées. Faire preuve de diligence et d’efficacité sera certes un bon point en sa faveur. Et une autre façon de redorer son blason auprès de ses habitants qui ne la trouvent pas assez proactive dans sa quête de relance.

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