3 mars 2020
Megane Richer prendra la relève de l’entreprise familiale
Faire sa place dans un monde d’hommes
Par: Sébastien Lacroix

Megane Richer est copropriétaire de l’entreprise Métaux Richer et frères. Photo Pascal Cournoyer | Les 2 Rives ©

Copropriétaire de Métaux Richer & frères depuis une dizaine d’années, Megane Richer prendra bientôt les rênes de l’entreprise familiale, alors que le transfert doit se faire en 2020 entre elle et son père. Tout un parcours pour celle qui n’avait jamais pensé un jour être une femme d’affaires.

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Au début de la vingtaine, elle était serveuse quand elle a eu une discussion avec son père qui a changé sa vie professionnelle. « En jasant avec lui, je me suis aperçue que pour c’était une espèce de rêve pour lui de voir sa fille prendre la relève. C’est quelque chose qu’il n’osait pas trop me parler. Parce qu’il ne savait pas si ça pouvait m’intéresser. Même moi, je n’y avais pas pensé du tout, raconte-t-elle. Puis, j’ai pris le temps d’y réfléchir. Comme j’ai toujours été assez leader ou tête forte pour mener ma barque, j’ai décidé d’embarquer. »

Une fois au sein de l’entreprise qui œuvre dans la récupération des métaux ferreux et non ferreux, il a fallu qu’elle fasse sa place. D’autant plus qu’il s’agit d’un domaine qui est généralement réservé aux hommes.

« Au début, les clients préféraient parler avec mon père pour les prix. À la longue, il a fallu que je prenne confiance en moi. Il a aussi fallu que je fasse ma place avec les employés. Parce que j’ai beau être de la famille, eux, ça fait 20 à 25 ans qu’ils sont là, se souvient-elle. J’ai ressenti un peu de pression, mais vraiment pas tant que ça. C’était plus des blagues un peu vertes et pas mûres. Comme je travaillais dans les bars, ce n’était pas de l’inconnu pour moi. »

Elle a aussi dû gagner la confiance de son père. Ce qui n’a pas toujours été facile. « Il avait un peu de misère à me laisser faire ma place. Il avait peur que je me mette les pieds dans les plats. Il a fallu que j’aille de bonnes discussions, de lui dire de me faire confiance, et que je sais où je m’en vais, raconte-t-elle. Il a finalement accepté ma façon de voir les choses. Si bien que maintenant, on fait une bonne équipe, mais ce n’est pas toujours facile de travailler avec son père! »

Megane Richer a d’ailleurs amené un vent de modernité à l’entreprise. « Mon père n’est pas très à l’aise avec les technologies d’aujourd’hui. On n’avait pas de site Internet, ni de Facebook. On a commencé à prendre de la publicité dans les journaux. On a changé le bureau de place », raconte Mme Richer.

Si elle ne regrette pas du tout les choix qu’elle a faits, la femme d’affaires estime que l’entrepreneuriat est un « pensez-y-bien ». « C’est le fun d’être à son compte, mais c’est beaucoup de responsabilités, plaide-t-elle. Quand je parle avec mon père, il dit que c’est rendu beaucoup plus difficile être en affaires que dans son temps. Il y a peut-être 20, 25 ou 30 ans. Mais si la personne veut travailler, qu’elle fonce! »

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