5 août 2021
Jérémy Pelletier choisi par les Voltigeurs du Cégep de Drummondville
Faire sa place au football malgré un handicap
Par: Jean-Philippe Morin

Jérémy Pelletier, qui a joué tout son football au secondaire avec les Polypus, a été recruté par les Voltigeurs du Cégep de Drummondville. Photo gracieuseté

Jérémy Pelletier ne s’est jamais considéré comme une personne handicapée. Né avec une amputation congénitale au bras gauche, le Sorelois a gravi les échelons un à un au football scolaire, si bien qu’il a récemment mérité une place avec les Voltigeurs du Cégep de Drummondville en division 3.

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Le jeune homme de 17 ans joue au football depuis sa sixième année avec les Polypus. « J’ai toujours aimé l’esprit d’équipe. Une équipe de football, c’est comme une deuxième famille. J’aime cette ambiance », élabore le Sorelois.

Lorsqu’il était plus jeune, à l’âge de 5 ans, il a joué un peu au soccer, puis au basketball par la suite, de la deuxième à la sixième année. « J’ai toujours été actif. Je n’ai jamais laissé mon handicap me freiner. Ça ne m’est jamais passé par la tête de ne pas faire quelque chose à cause de mon handicap », martèle Jérémy Pelletier.

D’abord joueur de ligne offensive au football, il a été reconverti en tant que secondeur vers la troisième secondaire. À ce moment, il devait s’ajuster pour plaquer ses adversaires.

« C’est sûr que si des gars courent à ma gauche, c’est plus difficile de les entourer ou de les agripper à une main plutôt qu’à deux mains, mais je développe mes propres techniques et ça fonctionne très bien. Jamais un entraîneur ne m’a mis à part ou m’a enseigné une technique différemment parce que j’avais un handicap. Au contraire, j’ai toujours été inclus dans tout. »

Après avoir consulté une kinésiologue, il s’est d’ailleurs doté d’un programme d’entraînement spécifique afin de l’aider à s’améliorer au football malgré les contraintes liées à son handicap. « C’est sûr que je ne peux pas tout faire ce que les autres font au gym, mais je développe d’autres aspects », ajoute le footballeur sorelois.

Le travail avant tout

Son entraîneur avec les Polypus, Harold Turbide, n’hésite pas à qualifier Jérémy Pelletier de jeune homme travaillant. C’est d’ailleurs sa principale qualité, atteste-t-il.

« Jérémy est résilient là-dedans. Pour lui, ce n’est pas un handicap, il est comme tout le monde. Il a toujours été un des plus travaillants, autant dans le gym que sur le terrain. Il ne s’est jamais laissé abattre par une situation ou une autre », témoigne-t-il.

Selon M. Turbide, son principal défi ne sera pas sur le terrain. « Ce sera sur les bancs d’école, comme tous les jeunes de son âge. Comme tous les jeunes qui passent du secondaire au cégep. Oui le défi est physique au football, mais il est encore plus difficile de réussir à avoir de bonnes notes à l’école », indique-t-il.

De son côté, Jérémy Pelletier compte poursuivre sur la même lancée avec les Voltigeurs. « Je veux apporter mon éthique de travail. Je veux être un bon joueur qui a une bonne vision du jeu et qui est capable de jouer physique. Ce sera plus difficile de percer l’alignement partant lors de ma première année, mais je vais tout donner pour être le meilleur coéquipier », conclut-il.

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