20 octobre 2020
Faire mieux!
Par: Louise Grégoire-Racicot

Forte d'une expérience de plus de 40 ans dans les médias, dont 37 au journal Les 2 Rives, Louise Grégoire-Racicot écrit une chronique hebdomadaire à propos de sujets régionaux.

Le taux de diplomation des élèves du secondaire, à Sorel-Tracy, s’est très légèrement amélioré (66,6 % à 67,3 %). Mais il demeure le plus bas en Montérégie, troisième plus bas au Québec. Pourquoi donc?

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Visiblement on a pris des mesures de correction. Sont-elles suffisantes? Accordons-nous aux jeunes tout le suivi intellectuel, social, émotionnel ou physique nécessaire pour qu’ils complètent leurs études? Connaissons-nous bien ce qui les empêche de progresser plus vite?

Certes la pandémie ne facilitera pas les choses. La présence à l’école est compromise. Dispose-t-on de tous les moyens techniques de rejoindre chaque jeune à distance? Les enseignants et professionnels sont-ils en nombre suffisant pour les accompagner adéquatement? Et qu’attend-on du milieu pour ajouter un encadrement essentiel à un rendement scolaire amélioré?

Je me rappelle que toute jeune, quand je présentais mon bulletin scolaire à mes parents – qu’il soit excellent ou moyen – ces derniers me demandaient toujours : as-tu fais de ton mieux?

Et l’idée de devoir toujours répondre franchement à cette question me taraudait. Ce « mieux » qu’on exigeait de moi m’incitait à mettre tous les efforts pour comprendre ce qu’on m’enseignait et en retenir l’essence. Mais surtout, il m’amenait à poser des questions si je ne comprenais pas ce qu’on m’enseignait.

Mes parents avaient aussi trouvé comment piquer ma curiosité. Ils m’avaient transmis le goût et le plaisir d’apprendre à travers diverses activités que nous faisions ensemble. Ils me questionnaient sur l’école, mes apprentissages, mes amis. Et ils avaient su me réserver, à la maison, un espace où je pouvais étudier sans être dérangée à tout moment. Des conditions propices à étudier.

Parfois je me demande s’il en est encore ainsi pour les élèves d’aujourd’hui. Bien sûr, les conditions et environnements de vie ont changé. Les matières enseignées aussi. Elles sont souvent plus complexes. Et plusieurs ont sans doute des parents qui ont détesté l’école et s’intéressent moins à ce que leurs propres enfants y vivent à leur tour. Surtout s’ils ont tiré leur épingle du jeu sans compléter leurs études.

Pourtant, la longue route qu’est l’éducation commence à la maison. Avec des gestes posés pour stimuler et ouvrir l’esprit. Ça continue avec le service de garde puis le réseau scolaire. À cet égard, on peut penser que le nôtre dispose des mêmes moyens financiers que les autres comme il vit aussi les mêmes manques. Mais ses élèves ont-ils les mêmes besoins qu’ailleurs ou sont-ils exacerbés par les conditions de vie de leurs parents?

L’école peut-elle aussi suffisamment compter sur le milieu pour ajouter à ses interventions des éléments qui aideront les jeunes – comme les sports, loisirs, culture et activités d’encadrement souvent offerts par des organismes et municipalités?

À l’école, les jeunes arrivent-ils à vivre avec leurs enseignants – à qui on demande beaucoup, je le sais – un lien significatif où ils se sentent valorisés, compris, reconnus? Arrive-t-on à dépister très tôt ceux dont le rendement scolaire diminue d’année en année et qui sont susceptibles de décrocher?

Finalement, l’éducation n’est pas que l’affaire du ministère. Elle est une responsabilité partagée, collective. Le moyen d’assurer un avenir meilleur à nos enfants. Un outil essentiel pour contrer la pauvreté et réduire les inégalités. Une quête continue pour que le plus grand nombre de citoyens possible développe ses aptitudes et exploite son potentiel au maximum.

Avons-nous la vision, la volonté d’y arriver? Je crois que oui. Si nous n’excusons plus le décrochage, le désintérêt des garçons pour l’école, les résultats médiocres. Que nous propagions le plaisir d’apprendre et le besoin de faire mieux!

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