6 octobre 2015
Environnement Canada met un frein au déversement
Par: Julie Lambert
Même si le gouvernement du Québec a donné son autorisation aux déversements de ses eaux usées, la Ville de Montréal est toujours en attente du feu vert d’Environnement Canada. | Photo: TC Média - Julie Lambert

Même si le gouvernement du Québec a donné son autorisation aux déversements de ses eaux usées, la Ville de Montréal est toujours en attente du feu vert d’Environnement Canada. | Photo: TC Média - Julie Lambert

Même si le gouvernement du Québec a donné son autorisation à la Ville de Montréal de procéder à un déversement de huit milliards de litres d’eaux usées entre le 18 et le 25 octobre, la ministre de l’Environnement fédéral, Leona Aglukkaq, a demandé la suspension de l’opération, afin de mener des études plus approfondies.

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Par le biais de son lieutenant au Québec Denis Lebel, la ministre Aglukkaq a demandé à la Ville de Montréal de suspendre son projet afin qu’Environnement Canada explore toutes les options possibles pour prévenir ce déversement. Elle veut que le gouvernement trouve plus d’informations sur ses impacts environnementaux.

« Le fleuve Saint-Laurent est l’une des voies navigables les plus importantes du Canada. Il constitue l’habitat de plusieurs espèces de baleines et de poissons et fournit de l’eau potable à des millions de Canadiens. Les plans proposés par la Ville de Montréal […] sont très préoccupants – comme l’ont souligné publiquement de nombreux citoyens », a-t-elle mentionné dans son communiqué transmis en milieu d’après-midi.

La porte-parole d’Environnement Canada, Barbara Harvey, soulignait toutefois qu’une autorisation de ce projet pourrait être difficile en vertu du Règlement sur les effluents des systèmes d’assainissement des eaux usées et de la Loi sur les pêches qui n’autorisent pas ce type de déversement.

« On ne peut pas autoriser ce type de rejet d’eaux usées. La Loi sur les pêches interdit les rejets non autorisés de substances nocives dans les eaux où vivent des poissons. Environnement Canada est en communication avec la Ville de Montréal en vue de recueillir des renseignements et d’évaluer les répercussions possibles d’un tel rejet. », a-t-elle mentionné au Journal.

En réaction à la demande d’Ottawa, le maire de Montréal, Denis Coderre, a donné trois jours aux autorités fédérales pour venir discuter du déversement. Selon lui, le fédéral n’a aucun poids juridique. Le maire de Montréal n’a pas mentionné s’il ira de l’avant ou non avec ce projet controversé advenant qu’il ne parvienne pas à s’entendre avec les fonctionnaires d’Environnement Canada dans les délais de son ultimatum.

Le ministre Lebel avait exprimé ses craintes au cours des derniers jours sur les répercussions de cette décision. « Cela soulève beaucoup de préoccupations. On a besoin d’en savoir davantage », a-t-il expliqué en conférence de presse aujourd’hui.

Au Québec, les partis de l’opposition pressaient le gouvernement Couillard de stopper ce projet depuis le début de la semaine, demandant même la démission du ministre de l’Environnement, David Heurtel.

Ce dernier a aussitôt réagi et a affirmé que le fédéral n’avait pas pris de décision à proprement parler. Le ministre a réitéré la position de Québec qui a accepté la proposition de l’administration Coderre.

Il continue de dire que c’était « la seule décision possible dans les circonstances ». Selon lui, le ministère s’est basé sur des faits et des évaluations sérieuses. Il pense que l’intervention d’Ottawa pourrait occasionner des délais. Les experts de l’environnement et de la faune avait recommandé que le déversement se fasse dans la période la plus courte possible et, surtout, à une période de l’année où il entraînerait le moins d’impact, a-t-il mentionné.

« Si on prend trop de temps ça pourrait avoir un impact encore plus néfaste sur l’environnement », a-t-il dit.

Le maire de la Ville de Montréal, Denis Coderre, soulignait en conférence de presse le 5 octobre ne pas craindre la décision du gouvernement fédéral puisque sa municipalité avait déjà obtenu l’approbation d’Environnement Canada en 2003 et en 2007 pour faire ce type de déversement dans le fleuve Saint-Laurent.

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