11 mai 2021
Entreprendre avec un grand « E »
Par: Louise Grégoire-Racicot

Forte d'une expérience de plus de 40 ans dans les médias, dont 37 au journal Les 2 Rives, Louise Grégoire-Racicot écrit une chronique hebdomadaire à propos de sujets régionaux.

Pour la très grande majorité des gens, entreprendre c’est se mettre à faire quelque chose – des études, une corvée de peinture, une nouvelle relation, etc. Mais il y a aussi ceux qui entreprennent avec un grand « E ».

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Les premiers le font par plaisir, devoir ou volontarisme. Spontanément, intuitivement, selon les circonstances.

Mais pour les entrepreneurs au sens économique du terme, « Entreprendre » devient plutôt un état de vie. Presqu’une vocation qui impose rythme, obligations et porte son lot de tracas et de satisfactions.

Pour la deuxième année consécutive, pandémie oblige, la région a dû annuler, fin avril, son Gala du mérite économique, cette grand-messe du monde des affaires où faire valoir les bons coups annuels et l’engagement marquant de ses chefs de file. Un moment rêvé de systématiquement faire valoir leur apport, eux qui animent la vie régionale en y ajoutant des services, en y créant des emplois.

La région compte des gens qui sont nés entrepreneurs ou ont grandi dans une famille entrepreneuriale où ils assument désormais la relève. Mais plusieurs autres le sont devenus par nécessité ou par goût de faire leur place au soleil, de se dépasser.

Souvent leur esprit entrepreneurial a été éveillé dès leur plus jeune âge à l’école par des profs et animateurs. Ou via divers organismes régionaux où formateurs, mentors et fonds d’investissement les ont mieux outillés pour passer à l’acte.

Les PME nées dans les années 80 – aujourd’hui prospères – ont souvent eu des fondateurs issus de cette génération de travailleurs plutôt satisfaits de trouver dans la grande entreprise – alors omniprésente dans la région – des revenus adéquats pour assurer le quotidien de leur famille, peut-être même une retraite minimale. Mais la grande entreprise n’a pas satisfait les besoins de tous.

Certains ont nagé à contre-courant. Ils voulaient autre chose que la routine du travail horaire. Ils ont créé leur propre entreprise fondée sur leur savoir-faire.

D’autres ont toujours rêvé de devenir entrepreneur. Ils ont osé lancer leur entreprise malgré les risques que cela comportait. Car ils avaient imaginé, croyaient-ils, comment mieux répondre aux besoins d’une clientèle en quête de fournisseurs compétitifs et fiables.

Oui, certains ont échoué, réalisant qu’ils n’étaient pas à leur place dans ce nouveau rôle, ou qu’ils ne disposaient pas des ressources nécessaires pour faire croître leur entreprise. Ou encore parce qu’une mauvaise conjoncture économique a joué contre eux. Des échecs non pas honteux mais porteurs de leçons pour tous.

D’autres ont réussi parce qu’ils sont arrivés au bon moment, mais ont aussi su apprendre des circonstances, s’entourer de gens compétents qui comblaient les lacunes possibles de leurs connaissances et expériences. Ou qu’ils ont pu trouver les appuis financiers nécessaires pour attendre plus longuement les résultats escomptés. Ils ont continué de rêver leur entreprise, lui donner des moyens nouveaux au fur et mesure de sa croissance pour en pérenniser le socle et en élargir les interventions.

Une chose est claire : la création de chaque entreprise – ou sa consolidation – initie une réaction en chaîne dans son milieu, auprès de tous ses travailleurs, fournisseurs et clients. Et on peut penser qu’un réseautage réussi de ses entreprises en multipliera les impacts.

Chose certaine, tous ces entrepreneurs d’aujourd’hui, qui carburent à la passion, au travail, au souci de se réaliser pleinement, alimentent l’ambition de la région de redevenir un pôle économique d’importance et d’ainsi assurer le mieux vivre de ses résidents.

Il faut les apprécier et applaudir la confiance en eux et l’audace dont ils témoignent en poursuivant leur mission. Car ils portent une part essentielle de l’avenir régional sur leurs épaules.

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