20 novembre 2019
Victime d'un choc anaphylactique sévère pendant un spectacle
Elle est sauvée grâce à l’intervention rapide de bons samaritains
Par: Katy Desrosiers

Grâce à la collaboration de plusieurs citoyens, Mylène Charbonneau se sort indemne d'un grave choc anaphylactique survenu pendant le spectacle des Cowboys Fringants. Photo Alexandre Boucher

Grâce à la collaboration de plusieurs citoyens, Mylène Charbonneau se sort indemne d'un grave choc anaphylactique survenu pendant le spectacle des Cowboys Fringants. Photo Alexandre Boucher

Alors que Mylène Charbonneau assistait au spectacle des Cowboys Fringants au Marché des arts Desjardins le 8 novembre, elle a fait un choc anaphylactique grave qui aurait pu lui couter la vie. Grâce à l’intervention rapide de plusieurs citoyens, elle s’en sort indemne, mais elle se questionne sur l’absence d’Épipen dans les lieux publics.

Publicité
Activer le son

« J’avais chaud à la figure. Sur le coup, je n’ai pas allumé. Je me disais que j’étais vieille parce que la boucane qu’ils envoient pendant le show me donnait de la misère à respirer. Je n’ai jamais fait de réaction aussi grave. J’ai juste eu le temps de prendre le bras de ma sœur et je suis tombée par terre », se souvient Mme Charbonneau.

Alors assise au sol, elle s’injecte son premier Épipen. Sa sœur et sa belle-sœur la sortent de la salle. L’agente de sécurité d’Azimut diffusion, Sarah Forest Michel, arrive et l’aide avec son deuxième Épipen.

« Ils m’ont étendue par terre, ma sœur a appelé l’ambulance. La sécurité est venue au complet. Ils sont allés dans la salle crier qu’on avait besoin d’autres Épipens. Les seuls souvenirs que j’ai, quand j’ouvre les yeux, je vois un paquet de visages. […] Ils essayaient de me rassurer en disant qu’ils avaient trouvé des Épipen et qu’on était capable d’attendre les ambulances », ajoute-t-elle.

Comme les deux ambulances affectées à Sorel-Tracy étaient déjà occupées, une de Pierreville a été appelée. Celle-ci est arrivée à la salle en 27 minutes. Avant l’arrivée de l’ambulance, Mme Charbonneau a perdu conscience deux fois. La seconde fois, les premiers répondants, des pompiers provenant de la caserne du secteur Tracy, ont dû lui faire un massage cardiaque.

« Je me souviens à un moment de m’être dit que j’avais tout fait, et je me suis sentie partir. Dans ma tête, je me suis dit « c’est fini, c’est vraiment fini« . »

Mylène Charbonneau a passé la nuit à l’hôpital. En tout, elle a reçu six doses d’Épipen à la salle et deux à l’hôpital. Elle a aussi perdu conscience une fois de plus en arrivant à l’hôpital.

La cause de sa réaction est encore mystérieuse. Allergique aux ananas, la femme aurait pu être en contact avec du jus en goûtant le verre de vin d’une amie qui avait précédemment bu de la sangria. Elle a aussi pris une bière ce soir-là, qui aurait pu être contaminée accidentellement par du jus d’ananas provenant de la préparation d’un cocktail tout près.

Des Épipen dans les lieux publics?

Depuis, Mme Charbonneau a revu son médecin et est allée se chercher trois Épipen.

Cette expérience l’a amenée à se questionner sur la présence de ce médicament dans les lieux publics, surtout ceux qui servent de la nourriture et des boissons.

« Ce n’est pas remboursé par le gouvernement si on n’a pas de prescription, mais c’est derrière le comptoir en vente libre. C’est le seul médicament que la Loi permet d’administrer à autrui. Ça m’a fait réaliser que pour les restaurants, les endroits publics, ce serait pratique d’en avoir au moins un. Beaucoup de gens ne le savent pas (que c’est un produit en vente libre). C’est important, ça sauve des vies », affirme Mme Charbonneau.

Son amie et colocataire s’est d’ailleurs procuré un Épipen, même si elle n’a pas d’allergie.

La femme est reconnaissante de toute l’aide qui lui a été apportée. « Je suis rassurée de l’humanité. On parle que les gens font leurs petites affaires […], mais sérieusement, je suis rassurée », avoue-t-elle.

Tranquillement, Mylène Charbonneau se remet de ses émotions. Elle sait qu’elle devra maintenant redoubler de prudence pour éviter de revivre cette situation.

image