17 novembre 2017
Du vrai monde
Par: Deux Rives
Mike Cournoyer est un humoriste sorelois. Chaque premier mardi du mois, il livre ses impressions à travers une chronique. |  © Photo: Gracieuseté

Mike Cournoyer est un humoriste sorelois. Chaque premier mardi du mois, il livre ses impressions à travers une chronique. | © Photo: Gracieuseté

CHRONIQUE. Quand j’étais petit, les politiciens étaient, à mes yeux, des hommes d’une soixantaine d’années en veston-cravate qui utilisent le mot « substantivement » dans chacune de leurs phrases pour s’assurer qu’on ne comprenne pas trop ce qui se passe. Au final, on votait pour un bonhomme parce qu’il a l’air compétent… Il utilise des beaux mots.

Depuis les scandales de corruption qu’il y a eu au fédéral et au provincial, on dirait que le public a commencé à se dire : et si on commençait à élire « du vrai monde »? Laissons faire les politiciens de la vieille génération qui sont en fait des experts en communication vide et donnons de la place à du nouveau.

On aime ça un politicien qui sacre de temps en temps parce que les Nordiques tardent à revenir dans sa ville, un politicien qui se déguise à l’Halloween en Superman… Bref, un politicien qui parle et qui agit comme nous autres.

Étonnamment, j’ai même commencé à m’intéresser à la politique.

Le 5 novembre dernier, je me suis levé tôt pour aller voter (levé tôt, c’est relatif car on avait reculé l’heure). D’ailleurs, c’était une journée assez dangereuse pour être sur la route : tout le monde s’en va voter en essayant de changer l’heure en conduisant.

Rendu à 20h, je regardais ça en direct, trois écrans pour regarder les résultats dans chaque ville, surexcité chaque fois qu’une nouvelle boîte de vote était ouverte.

Du côté de Montréal, on a eu droit à la plus grande surprise de la soirée électorale : Denis Coderre qui se fait éjecter de son siège. Une défaite qui doit lui laisser avec une certaine amertume. Probablement qu’il ne s’achètera pas un billet pour la Formule E l’an prochain… À moins qu’il s’en fasse donner…

Dans notre région, c’est Serge Péloquin qui a été annoncé comme maire, après environ une demi boîte d’ouverte (c’est un peu exagéré mais disons que la phrase « si la tendance se maintient » est sortie très tôt). Au niveau des conseillers, Sorel a gardé le statut quo et Tracy a fait peau neuve. Résultat net : le conseil de ville a rajeuni au niveau de la moyenne d’âge. Ça me donne un coup de vieux de me rendre compte que des gens plus jeunes que moi ont été élus. Vincent Deguise… 27 ans… Maire d’une ville… Il a tout mon respect. Moi, j’ai 29 ans et j’ai de la misère à comprendre mon hypothèque. Bravo Vincent, je te souhaite une aussi longue carrière que son prédécesseur (Googlez ça, c’est impressionnant).

Bref, on est parti pour un autre quatre ans avec plusieurs nouveaux visages un peu partout au Québec, des politiciens d’une nouvelle génération. En espérant que les jeunes ne deviennent pas, au fil des années, des politiciens blasés qui utilisent des « substantivement » dans chacune de leurs phrases.

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