10 juin 2020
Le Sorelois Michel Belhumeur raconte son épopée dans la LNH
Du hockey pour le meilleur… et pour le pire!
Par: Jean-Philippe Morin

Michel Belhumeur a connu du succès avec les Flyers de Philadelphie. Photo Denis Brodeur/Getty Images

Michel Belhumeur a été sélectionné par les Capitals de Washington au repêchage d’expansion de 1974. Photo NHL.com/Capitals de Washington

Passer de la meilleure à la pire équipe en à peine quelques jours; voilà ce qui est arrivé au gardien de but Michel Belhumeur. Des Flyers de Philadelphie, ces fameux Broad Street Bullies sacrés champions de la Coupe Stanley en 1973-1974, le Sorelois a été sélectionné au repêchage d’expansion par les Capitals de Washington, qui n’ont cumulé que huit victoires en 1974-1975.

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Michel Belhumeur, 70 ans, vit à Richmond, en Virginie, depuis la fin de sa carrière. Un portrait bien détaillé de son parcours a été rapporté par un journaliste de Radio-Canada il y a quelques semaines. C’est dans ce cadre que le sympathique Sorelois a accepté d’accorder une entrevue au journal Les 2 Rives.

« J’ai vécu une rêve de jouer dans la Ligue nationale. J’ai eu des hauts et des bas pendant ma carrière, mais une chose est sûre, j’ai eu beaucoup de plaisir! », résume l’ex-portier de la LNH.

Les hauts…

Michel Belhumeur a d’abord enfilé les jambières avec les Éperviers de Sorel dans son patelin, dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec, en 1964. Il s’est ensuite dirigé à Saint-Jérôme, puis à Drummondville, avant d’être repêché par les Flyers en quatrième ronde en 1969.

C’est alors qu’une belle aventure a débuté avec les As de Québec, club-école des Flyers à l’époque jusqu’à leur déménagement en 1971 à Richmond, en Virginie.

Durant la saison 1972-1973, la blessure d’un gardien de but lui permet d’accéder à la grande ligue. Il récolte d’ailleurs d’excellentes statistiques : neuf victoires, sept défaites et trois matchs nuls, une moyenne de buts alloués de 3,23 et un pourcentage d’arrêts de ,903.

Michel Belhumeur retourne toutefois dans la Ligue américaine à Richmond la saison suivante, en 1973-1974, avant d’être rappelé avec les Flyers pour le dernier droit en séries éliminatoires. Il était alors le troisième gardien de but derrière Bernard Parent et Bobby Taylor, en route vers la conquête de la Coupe Stanley.

« Je n’ai que de bons souvenirs dans l’organisation des Flyers. Les gars se tenaient ensemble. C’était de très belles années de hockey pour moi », témoigne-t-il.

Mais comme il n’a pas disputé de rencontres en séries dans l’uniforme des Flyers cette année-là, son nom n’apparaît pas sur le précieux trophée.

« Ils avaient le droit de mettre un certain nombre de joueurs sur la Coupe, mais je n’étais pas parmi les deux premiers gardiens. J’aurais été le prochain à avoir mon nom… J’aurais aimé ça c’est sûr, mais il est trop tard pour pleurer! J’ai quand même pu faire le party avec les gars, j’ai fait partie de la parade, qui était la plus grosse parade depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale », lance-t-il.

Et les bas

Après l’extase d’avoir atteint le sommet de son sport, Michel Belhumeur a vécu l’autre côté de la médaille seulement quelques mois plus tard. Le gardien de but a été sélectionné au repêchage d’expansion par les Capitals de Washington, qui ont connu, lors de l’année 1974-1975, la pire saison de l’histoire de la LNH pour quelconque équipe. Seulement huit victoires en 80 matchs, toutes récoltées par le gardien numéro un, Ron Low. La fiche de Michel Belhumeur? Aucune victoire, 24 défaites et trois matchs nuls.

« C’est sûr qu’il nous manquait de talent, mais la mentalité n’aidait pas. Plus tu perds, plus ça empire. C’est pas mal plus facile gagner que perdre! Je faisais toujours mon possible, mais quand tu as une moyenne de 40 lancers par match… Ça veut dire qu’il y a des matchs que j’en recevais 45 ou 50, ça! Dans un temps où les équipements n’étaient pas comme aujourd’hui », raconte-t-il.

La saison suivante, après cinq défaites et un match nul avec les Capitals, le Sorelois n’a plus jamais goûté à la LNH. Malgré tout, l’homme de 70 ans se considère chanceux.

« C’est sûr que j’aurais aimé poursuivre ma carrière, mais quand ça ne fait pas avec la pire équipe, c’est difficile revenir. Je ne regrette rien quand même, j’ai eu du bon temps », admet-il.

Une après-carrière remplie

Après sa carrière de hockeyeur, au début des années 80, Michel Belhumeur s’est lancé dans la vente. Il s’est installé de façon permanente en Virginie avec sa femme, avec qui il a eu trois enfants. Aujourd’hui, il est grand-père de cinq petits-enfants et il travaille encore pour la compagnie Eaheart Industrial Service, et ce, depuis 20 ans.

« Pour avoir joué dans des villes plus peuplées comme Philadelphie ou Washington, je voulais retrouver le côté tranquille et c’est ce que Richmond m’apporte », souligne-t-il.

Michel Belhumeur dit revenir à Sorel-Tracy environ trois ou quatre fois par année pour y voir la famille. Il était d’ailleurs supposé venir pêcher avec son frère la semaine dernière, mais en raison de la pandémie, il ne peut passer la frontière. « Je n’oublie pas mes racines », conclut-il.

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