19 avril 2016
Dire adieu à son meilleur ami
Par: Deux Rives
Patrice Carrier rend hommage à son meilleur ami qui a perdu la vie dans de tragiques circonstances. | TC Média - Sarah-Eve Charland

Patrice Carrier rend hommage à son meilleur ami qui a perdu la vie dans de tragiques circonstances. | TC Média - Sarah-Eve Charland

« Les prochaines semaines seront dures », mentionne Patrice Carrier qui peine à réaliser la perte de son meilleur ami, Clyde Cusson, dans un terrible face-à-face le 10 avril à Yamaska. Quelques jours après les événements, il souhaite rendre un hommage à cet homme qui a rendu sa vie meilleure.

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Patrice a rencontré Clyde Cusson il y a trois ans. Il avait, à l’époque, eu un accident de voiture sur la Rive-Sud de Montréal. À son retour à la maison, un de ses amis lui a proposé de sortir pour se changer les idées. C’est à ce moment qu’il a fait la rencontre de Clyde.

« C’est ironique. J’ai rencontré Clyde à cause d’un accident. Je l’ai perdu à cause d’un accident », affirme Patrice Carrier.

Ils sont devenus rapidement amis. Ils se parlaient aux deux jours et se voyaient régulièrement. Clyde a même été le témoin au mariage de Patrice en août 2015.

La bonté incarnée. C’est ce qui représente le mieux Clyde, selon Patrice.

« Il n’y avait rien qui le dérangeait. Tout le monde l’aimait. Je ne sais même pas combien de fois il m’est venu en aide. C’est le gars avec le plus grand cœur que je connais. »

Un accident tragique

Le 10 avril, alors qu’ils revenaient d’une sortie dans une cabane à sucre à Drummondville, il s’est retrouvé, en compagnie de ses amis et de ses enfants âgés de 1 et 3 ans, dans la voiture qui a dévié de sa voie avant de percuter de plein fouet une autre voiture sur la route 132. Il n’a pas vu ce qui s’est produit puisqu’il dormait à l’arrière.

« C’est grâce à Clyde si je suis encore en vie. J’étais assis derrière lui. Il était grand comme une armoire à glace. Je suis certain que sans lui, le banc de devant revolait sur moi. Il m’a sauvé », assure-t-il, quelques jours après les événements.

Les souvenirs restent gravés dans sa mémoire. De jour en jour, ça devient moins en moins douloureux d’y penser, dit-il.

« Quand je suis sorti de la voiture, Clyde m’a dit : Man, je crois avoir les deux jambes et les bras cassés. Je l’entendais souffrir. Je lui ai répondu en mettant ma main sur son épaule : tout va bien aller. On se revoit bientôt. »

Au moment de quitter les lieux avec les paramédics, il a aperçu les premiers répondants entamer les manœuvres de réanimation. « Je ne voulais pas y croire. Pour moi, Clyde est un battant. On voit ce genre de scène dans les films. Dans la vie, il n’y a pas de mot pour décrire ça. »

Patrice n’a eu que des blessures mineures dont il pourra se remettre sous peu. Le conducteur et l’autre passager ont été plus amochés. « Mes enfants n’ont rien eu. J’ai été chanceux. Je suis celui qui s’en est le mieux sorti. »

Il ne s’est pas prononcé sur la dangerosité de la route. Selon lui, ce n’est pas la route qui a causé l’accident.

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