3 avril 2019
Débat sur le glyphosate
Difficile de le retirer du marché selon le commissaire agricole Alain Beaudin
Par: Katy Desrosiers
L'utilisation du Roundup, connu pour contenir du glyphosate, est remise en question dans plusieurs pays. 
Photo depositphotos.com

L'utilisation du Roundup, connu pour contenir du glyphosate, est remise en question dans plusieurs pays. Photo depositphotos.com

Le commissaire agricole pour la Société d’agriculture de Richelieu, Alain Beaudin, affirme qu’une grande partie des agriculteurs de la région utilisent le produit Roundup, souvent critiqué pour contenir du glyphosate. Il croit que certains sont prêts à innover même si l’utilisation du produit est profondément ancrée dans les habitudes.

Selon lui, sur 70 % des terres agricoles du territoire on retrouve du maïs et du soya, et 80 % des producteurs exploitant ces terres utilisent le produit. « Un agriculteur possède une terre de 100 acres. Là-dessus, il y a peut-être 30 acres problématiques. Le reste on pourrait se passer d’arroser, mais il va en mettre quand même », explique-t-il.

Alain Beaudin croit qu’il faut se questionner en tant que consommateur sur le prix que nous voulons payer pour nos produits et leur aspect visuel. « Cet herbicide devient un incontournable et l’industrie s’est arrangée pour qu’il soit vendu à des taux vraiment économiques comparativement aux autres produits. Le consommateur n’est pas d’accord avec son utilisation. Il va s’acheter des biens qui sont chers, mais quand il se met quelque chose dans la bouche, il veut payer le moins possible. L’agriculteur applique la formule qui lui permet de livrer un produit qui n’est pas trop cher. Il y a un impact à ça », explique-t-il.

Il doute de l’honnêteté de l’industrie sur la dangerosité du produit. « L’industrie fait des milliards avec ça, c’est sur qu’elle va payer des études, des labos et des scientifiques pour qu’ils fassent des tests. Si sur 80 tests, 50 disent que c’est dommageable et 30 disent que non, ils vont publier seulement les 30 derniers.[…] Ce n’est pas justifié de penser que ça n’a aucun impact sur la santé», pense-t-il.

Qu’est-ce que le glyphosate?

Le glyphosate est la matière active dans l’herbicide Roundup. Si on en parle autant selon lui, c’est que l’industrie de la pétrochimie et de l’agrochimie ont créé des organismes génétiquement modifiés (OGM) et ont inséré des gènes qui résistent au glyphosate dans les semences.

M. Beaudin croit qu’avec l’agroécologie il serait possible de réduire grandement son utilisation. Celle-ci se base sur le concept de la diversité végétale avec la rotation des cultures. « L’agroécologie sert à redonner à la terre ce qu’on lui a longtemps ôté avec les pesticides. Les microorganismes dans le sol vont réapparaitre et on finit par atteindre un équilibre » mentionne-t-il.

« On sort de la zone de confort et il faut apprendre de nouvelles choses. Plusieurs ne veulent pas se replonger là-dedans. […] Si on leur donne un raccourci, ils le prennent, mais il y a un prix à payer », explique le commissaire agricole.

Sur les 375 fermes du territoire, Alain Beaudin affirme qu’une cinquantaine font partie des leaders, qui acceptent de voir ce qui se fait de nouveau.

La Commission de l’agriculture, des pêcheries, de l’énergie et des ressources naturelles de l’Assemblée nationale du Québec se penchera sur les impacts des pesticides sur la santé publique et l’environnement, ainsi que sur les pratiques de remplacement innovantes.

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