2 octobre 2019
Développement agroalimentaire et culturel : Sorel-Tracy fera cavalier seul
Par: Sébastien Lacroix

Le maire de Sorel-Tracy, Serge Péloquin. Photothèque | Les 2 Rives ©

Une décision du conseil municipal de la Ville de Sorel-Tracy aura d’importantes répercussions sur ses relations avec la MRC de Pierre-De Saurel. Réunis en séance extraordinaire le lundi 30 septembre, les élus ont en effet résolu de se retirer de la politique culturelle et du Plan de développement de la zone agricole (PDZA). Une décision qui sera lourde de conséquences pour les autres municipalités, puisqu’à titre de ville-centre, Sorel-Tracy défraie 60 % de la facture.

La Ville de Sorel-Tracy explique qu’elle possède déjà un service dédié à la planification et au développement de son territoire, ainsi qu’un service dédié à la planification de la culture et des loisirs. Ce qui fait en sorte qu’elle dispose de ressources humaines spécialisées dans ces domaines depuis l’adoption de son plan stratégique, en janvier dernier. Ce qui fait en sorte de dédoubler les services.

Ainsi, la Ville de Sorel-Tracy ne souhaite pas non plus participer au financement des ressources humaines et des activités pour la mise en œuvre et l’application de la Politique culturelle et du PDZA de la MRC.

« On ne veut plus payer pour des ressources qu’on a déjà à l’interne », affirme en entrevue le maire de Sorel-Tracy, Serge Péloquin.

Dans un communiqué émis le 2 octobre, la Ville de Sorel-Tracy indique qu’elle souhaite assumer son leadership dans ces domaines. Elle invite les municipalités rurales intéressées à regarder la possibilité de développer des ententes intermunicipales avec la ville-centre pour des projets visant à faire rayonner les artistes de la région.

« On a une offre culturelle généreuse, des employés, des régisseurs culturels et même une politique culturelle. La Ville veut développer une nouvelle façon de faire, revisiter le modèle existant. […] La ville-centre fait une offre de partenariat et de collaboration pour municipalités qui le veulent », ajoute le maire de Sorel-Tracy.

Pour ce qui est du PDZA, la Ville entend impliquer les acteurs du milieu agricole, dont l’UPA Richelieu-Yamaska, afin de favoriser la mise sur pied d’entreprises agroalimentaires sur les terrains du complexe portuaire de Sorel-Tracy.

« J’ai appelé Sylvain Joyal, président du syndicat de l’UPA Richelieu-Yamaska et il comprend notre position. Quand on a de l’aide à apporter sur le territoire de la MRC, on le fait. Cette décision est simplement pour éviter des dédoublements », souligne M. Péloquin.

Vive déception à la MRC

Cette nouvelle arrive au moment où la MRC de Pierre-De Saurel s’apprêtait à combler le poste laissé vacant depuis quelque mois à la mise en œuvre du PDZA. Elle soulève aussi des questions sur l’avenir de l’agente de développement culturel de la MRC qui travaille à raison de trois jours par semaine.

Une décision devra d’ailleurs être reprise à ce sujet alors que les maires se réunissent ce soir en comité de travail. Le préfet de la MRC, Gilles Salvas, se disait désappointé par la décision rendue lundi, en catimini, alors que ce point n’était pas à l’ordre du jour de la séance extraordinaire lundi matin.

« On ne sait pas ce qui va arriver avec le poste du PDZA et d’agente du développement culturel. Si la Ville ne veut pas financer ces postes, va-t-il falloir les abolir? Je suis réellement déçu du comportement de la Ville de Sorel-Tracy. Je n’ai pas d’autre commentaire. On se réunit ce soir entre les maires pour en discuter. »

La mairesse de Yamaska, Diane De Tonnancourt, s’est dite déçue, sur les réseaux sociaux, de cette prise de position. « À titre de présidente du comité régional culturel, je suis amèrement déçue de la position du conseil de la ville de Sorel-Tracy quant à son retrait du financement des projets culturels régionaux qui met aussi en péril le poste de coordonnatrice à la politique culturelle de la MRC… J’ose espérer que les intervenants du milieu culturel se feront entendre afin de dénoncer la position que les élu(es) ont prise lundi soir… », a-t-elle écrit.

Avec la collaboration de Jean-Philippe Morin

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