4 mars 2021
Deuxième année consécutive dans le rouge pour l’Érablière Durocher
Par: Alexandre Brouillard

Sylvain Durocher, propriétaire de l’Érablière Durocher, prévoit déjà une seconde année consécutive de pertes financières. Photo gracieuseté

À quelques jours de la saison des sucres, les érablières du Québec ne pourront vraisemblablement pas ouvrir leurs portes en raison de la pandémie. C’est donc dire que l’Érablière Durocher, située à Saint-Gérard-Majella, demeurera fermée pour une seconde année consécutive au grand dam de son propriétaire, Sylvain Durocher, qui prévoit déjà d’importantes pertes financières.

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« Je ne crois pas que nous pourrons ouvrir nos portes cette année pour offrir des repas chauds. Habituellement, à cette période-ci de l’année, j’ai déjà beaucoup de réservations d’écoles de Sorel-Tracy, de Nicolet et même de Drummondville. Mais cette année, rien! Ce n’est vraiment pas facile », affirme M. Durocher.

Advenant l’absence d’aide financière aux érablières, l’Association des salles de réception et érablières du Québec (ASEQC) estime que 75 % des 200 cabanes à sucre du Québec pourraient disparaître définitivement d’ici la fin du printemps 2021. Depuis un an, c’est le quart d’entre elles qui ont dû cesser leurs activités agrotouristiques en raison de la pandémie.

M. Durocher s’estime heureux d’avoir un portefeuille diversifié. « Une chance que je peux compter sur mon relais de motoneige l’hiver parce que ce serait encore plus difficile. Lors d’une année normale, je loue mon établissement pour des partys de Noël et même pour des mariages, mais j’ai aussi perdu ces possibilités » explique-t-il, vraisemblablement inquiet.

Profitant de la saison de motoneige pour garder la tête hors de l’eau, il a fait ériger un abri temporaire qui permet aux adeptes de motoneige de se réchauffer tout en pouvant profiter d’un repas chaud. « Je sers des hamburgers et d’autres repas avec de la viande provenant de mon élevage de daims ou de bœufs. Ça n’équivaut pas à mon érablière, mais c’est mieux que rien », précise le propriétaire.

Pour l’instant, lors de la saison des sucres 2021, M. Durocher a l’intention de vendre des grillades de lards, des tartes au sucre et d’autres produits d’érable qui seront disponibles à son érablière. Il ne prévoit toutefois pas offrir le service « take-out ».

Une aide financière plus directe serait la bienvenue

Alors que le gouvernement du Québec annonçait l’octroi d’une aide financière de 500 000 $ pour la plateforme web « Ma cabane à la maison », M. Durocher souhaiterait une aide financière plus directe de la part des gouvernements.

« Malgré que nous demeurions fermés au public, nous avons beaucoup de dépenses. Nous devons payer nos assurances, divers permis et entretenir nos bâtiments. […] Je ne participe pas à cette initiative de boîtes de produits pré-cuisinés, mais j’aimerais quand même recevoir de l’aide. Je ne crains pas pour le futur de mon entreprise, mais ma cabane à sucre, c’est ma vache à lait », explique M. Durocher.

Face à l’instabilité des acériculteurs, le député de Bécancour–Nicolet–Saurel, Louis Plamondon, a mentionné dans un communiqué que « c’est le moment plus que jamais d’apporter notre soutien [au milieu acéricole]. Nos érablières participent à la poursuite de nos traditions québécoises et culturelles ».

Le gouvernement du Québec permettra aux acériculteurs qui ont des activités de cabanes à sucre de recevoir une aide pour le financement de leurs inventaires de sirop d’érable invendus. De son côté, la Financière agricole du Québec (FADQ) a renouvelé son appui au Programme d’avance à l’entaille. Rappelons qu’elle avait consenti une somme de 50 M$ aux producteurs acéricoles pour financer les avances à l’entaille en 2020. Ce processus d’aide demeure le même en 2021.

Malgré ces quelques possibilités d’aides financières, Sylvain Durocher préférerait ouvrir ses portes en 2021. « Si nous n’ouvrons pas cette année, j’aurai servi seulement 400 repas en deux ans, alors que j’en servais environ 5000 par année », conclut-il.

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